Une programmation solide comme un Roc

NIORT – Si la programmation 19/20 de La Coursive a de quoi occuper nos soirées à venir, il est une autre Scène nationale voisine qui a su concocter un programme des plus ambitieux : Le Moulin du Roc de Niort. Avec ses 66 spectacles, le théâtre niortais affole Aliénor qui vous présente là ses 15 Immanquables !

Jeanne Added – Solo

Artiste en résidence au Moulin du Roc, Jeanne Added souhaite « changer d’échelle, déplacer le regard, renouveler l’écoute » et propose  de revisiter complètement son répertoire composé de deux albums ultra-célébrés (Be sensational et Radiate) dans une performance en trois tableaux, portée par sa voix pure et sa présence magnétique et continue. Vendredi 4 octobre – 20h30

Via Kanana – Gregory Maqoma

Créée en 1992, la compagnie Via Katlehong Dance tire son nom du township de Katlehong dans l’East Rand, un des quartiers déshérités où est née la culture contestataire sud-africaine. Gregory Maqoma, chorégraphe reconnu, a eu envie de chorégraphier pour elle, en revenant aux bases du pantsula, danse très dynamique qui se pratique avec des bottes en caoutchouc. Les anciens danseurs et les nouveaux venus se joignent pour répéter ces gestes du quotidien anti-apartheid qui ont permis à toute une population de se soulever. Le tout en chantant. Jeudi 10 octobre – 20h30

Les démons – Sylvain Creuzevault

Creuzevault s’attaque aux Démons de Dostoïevski (1821-1881) et s’acharne à révéler la décomposition des êtres et des âmes dans une société en déréliction qui les condamne. Passionné par le politique et les convulsions de nos sociétés, le metteur en scène de 36 ans s’attaque au roman-monstre avec une bande d’acteurs exceptionnels dont Valérie Dréville, Nicolas Bouchaud, Vladislav Galard et Sava Lolov… qui endossent plusieurs personnages. Mercredi 8 janvier – 19h

The Window – Cécile McLorin Salvant et Sullivan Fortner

Tout juste auréolée de son deuxième Grammy Award, la chanteuse franco- américaine revient avec un album en duo avec le pianiste Sullivan Fortner. The Window est une méditation sur la nature versatile de l’amour. Le répertoire, dans la tradition des duos piano / voix s’étend des reprises de Richard Rodgers, Stephen Sondheim à Stevie Wonder en passant par le cabaret, le Rhythm and Blues et des compositions brillantes de Cécile. Mardi 14 janvier – 20h30

Bérénice – Célie Pauthe

Célie Pauthe, directrice du Centre dramatique national de Besançon, fusionne l’Orient racinien et la Césarée de Marguerite Duras, filmée en 1979. La metteuse en scène a déjà monté deux textes de Duras, La Bête dans la jungle suivie de La Maladie de la mort, qui l’ont amenée à poursuivre son exploration. Quelle place la Bérénice de Racine occupe-t-elle dans cette oeuvre ? Colonisation, esclavage, frontières de l’amour, les racines de cette tragédie sont profondes. Mardi 28 janvier– 20h30

Magma – Marie-Agnès Gillot / Andrés Marin / Christian Rizzo

Elle, Marie-Agnès Gillot, est l’étoile la plus inclassable de sa génération. Ses lignes hiératiques et sa présence ont marqué le répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris. Lui, Andrés Marín, est l’un des grands noms du flamenco contemporain. Ces deux personnalités flamboyantes ont choisi de se rencontrer à travers une création unique, à la croisée de leurs mondes. Ceux de Marie-Agnès Gillot vont de la danse classique à Pina Bausch et aux Enfoirés, tandis qu’Andrés Marín s’est éloigné du flamenco traditionnel en collaborant, notamment, avec la danse hip hop. Une troisième voix, celle de Christian Rizzo, vient s’ajouter à ce duo. Le résultat fait des étincelles. Samedi 1er février – 20h30

Delta Charlie Delta – Michel et Justine Simonot

Un soir d’octobre. Trois enfants courent parce que la police court derrière eux. Ils se réfugient dans un transformateur. Un policier voit, n’alerte pas. Deux enfants meurent. Un survit. Delta Charlie Delta, c’est une histoire de voix, de corps, absents aux autres, convoqués par les mots. C’est une histoire de médias, de transmission et re-transmission, de convocation, de temporalités, de mots, de silences. Un espace restreint, des mots comptés, dans l’urgence de la nécessité de rendre compte. Mardi 4 février – 20h30

Red Haired Men – Alexandre Vantournhout

Inspiré par la poésie absurde du romancier russe Daniil Harms, Vantournhout  use des textes courts de l’auteur pour ciseler un ensemble de saynètes surprenantes et burlesques entouré de trois acrobates. Dans une gestuelle remarquable, l’artiste et ses trois comparses s’amusent avec nos perceptions visuelles comme Harms jouait sur les mots. Apparition et disparition magiques, jeux de miroir et fausses gémellités sont de la partie. Créant de subtiles combinaisons acrobatiques, le quatuor subjugue l’attention dans sa cohésion fraternelle. Vendredi 7 février – 20h30

Le père – Julien Gosselin

Performance poétique pour un comédien, Le Père forme une sorte de pendant intimiste à la monumentale trilogie Don DeLillo que le metteur en scène Julien Gosselin a récemment adapté. Il invite à découvrir un texte qui a la pureté fulgurante d’une chanson. En contrepoint des spectacles-fleuves, le metteur en scène Julien Gosselin affectionne les formes plus réduites, performances poétiques à la croisée des genres. Le Père est un nouveau témoignage de cette veine que l’on pourrait dire intimiste. Ce spectacle pour un comédien – l’impressionnant Laurent Sauvage – part de L’Homme incertain de Stéphanie Chaillou. Monologue d’un agriculteur qui se retourne sur sa vie, Le Père est à la fois un constat sans appel sur l’envers de nos sociétés. Mardi 11 février– 20h30

Another look at memory – Thomas Lebrun

Anne-Sophie Lancelin, Raphaël Cottin et Anne-Emmanuelle Deroo sont les trois danseurs les plus fidèles de Thomas Lebrun. Leur extrême sensibilité et leurs unissons au cordeau magnifient une écriture ciselée, toute en finesse. Palimpseste, la pièce Another look at memory fait référence à des propos de Marguerite Duras dont une phrase que le chorégraphe reprend à son compte : « Vous savez, je ne comprends pas toujours très très très bien ce que je dis. Ce que je sais simplement, c’est que c’est complètement vrai. » Le directeur du Centre chorégraphique national de Tours, rend hommage à « ces corps qui racontent, ces corps porteurs d’histoires, les leurs mais aussi celles des autres ». Ce qu’il sait, c’est qu’ils dansent vrai et avec eux, sur la musique de Philip Glass, il brasse la mémoire pour que, de nouveau, quelque chose advienne, souvenir de demain. Mardi 18 février – 20h30

Hexagone – Fary

Avec son spectacle Fary is the New Black, Fary a été le premier humoriste produit par Netflix en France. En mars 2019, il a été le plus jeune humoriste à jouer devant plus de 15 000 personnes à l’AccorHotels Arena. Il est tout juste GÉNIAL ! Avec Hexagone Fary se pose des questions : Quel lien entre le pays et l’identité ? Est-ce la culture qui influence l’identité ou est-ce l’inverse ? Il n’a de réponse à aucune de ces questions, mais il se les pose. Vous avez un peu plus d’une heure… avec Fary. En vrai, viens, c’est drôle quand même. Samedi 22 février – 20h30

La collection – Ludovic Lagarde

C’est avec un quatuor de haut vol que le metteur en scène  Ludovic Lagarde dirige la partition fascinante de Pinter,  brodée à la jalousie, aux désirs enfouis et aux mensonges.  Une pièce comme un coup de cutter. Esquisse, puzzle, ellipses : l’intrigue de La Collection emprunte autant au roman noir qu’au vaudeville cassavetien. Le dramaturge anglais nous conduit sur de multiples pistes, créant ainsi une collection d’interprétations, un mélange inédit de réalisme et d’abstraction. Dans un double décor d’une élégance folle, Ludovic Lagarde a réuni un casting époustouflant : Mathieu Amalric troublant, au charisme plus félin que jamais ; Micha Lescot et sa suavité d’anguille ; Laurent Pointrenaux, entre calme inquiétant et saillies démentielles ; et Valérie Dashwood en panthère hitchcockienne à la présence vénéneuse. Jeudi 27 février – 20h30

NÄSS (les gens) – Fouad Boussouf

L’écriture de Fouad Boussouf, rétif à toute étiquette, se situe au croisement d’un hip-hop épuré, de la danse et du cirque contemporain. Originaire du Maroc, le chorégraphe aspire à jeter des ponts entre cultures et générations. Inspiré par les contrastes de la société marocaine et par l’ébullition permanente qui y règne, il ose avec NÄSS (les gens) la confrontation entre populaire et urbain, rituel et modernité. De cette friction jaillit un spectacle fédérateur et généreux, porté par le rythme obsédant d’un savant mix de sonorités immémoriales et de musique électro. Mardi 17 mars – 20h30

Leprest en Symphonique

Cité comme « le Rimbaud du XXe siècle » par Jean d’Ormesson, force est de constater qu’Allain Leprest avait le talent de réunir les contraires ! Rien d’étonnant que cet immense auteur ait rêvé de se voir un jour habillé de symphonique. Ce vœu a été exaucé par l’enregistrement d’un album en 2011, année de sa disparition. 4 artistes aux parcours différents et un orchestre sont ici unis par le même souci d’exigence : Clarika, Enzo-Enzo, Cyril Mokaiesh et Romain Didier, compagnon de route d’Allain Leprest et orchestrateur de ce Leprest Symphonique. Une soirée d’émotion servie par de sublimes interprètes. Samedi 4 avril – 20h30

Quoi / Maintentant – tg STAN

La compagnie tg STAN revient avec Quoi/Maintenant, d’après la courte pièce de Jon Fosse Dors mon petit enfant en guise de prologue poétique, suivi de la comédie caustique Pièce enplastique de Marius von Mayenburg. La première s’apparente à un véritable écrin de mots dans lequel les dialogues désarticulés, le rythme et les sonorités semblent primer sur le sens : une pièce faite pour ces Flamands dont le langage est le terrain de jeu privilégié ! La deuxième, tel un prolongement comique à ce préambule, met en scène une femme de ménage engagée par un couple libéral aisé et a priori large d’esprit… Entre tolérance et préjugés, hypocrisie et humiliation, cette satire décapante – dont s’empare tg STAN en bouleversant les conventions théâtrales – fait vaciller nos idées préconçues sur la famille, l’art et la société. Mardi 14 avril – 20h30

INFORMATIONS PRATIQUES : http://moulinduroc.asso.fr/

Visuel de Une : NÄSS (les gens) – Fouad Boussouf ©Charlotte Audureau

Laisser un commentaire