Tourisme : Le Musée Maritime de La Rochelle

MUSÉE – Un des plus grands de France, le Musée Maritime de La Rochelle a été fréquenté l’an passé par 60 000 visiteurs, boosté par son incroyable exposition temporaire Climat/Océan. Visite guidée d’un lieu phare de la cité maritime.

Vu du ciel, il est incontournable avec ses immenses spinnakers, voiles de régate de couleurs vives mais sur terre, on peine à l’apercevoir. Caché derrière l’imposant aquarium de La Rochelle, tout au bout du quai Louis Prunier, se trouve le Musée Maritime, le plus vaste lieu d’exposition de la ville (5 000 m2). D’ailleurs vu sa configuration, le terme musée est-il approprié ? Philippe Martin, guide du jour, a son point de vue :

« Nous sommes différents d’un musée traditionnel : sur ce site patrimonial, toute une muséographie variée, interactive et originale se décline autour de l’histoire maritime rochelaise et de thématiques transversales autour de la mer et l’environnement. Clairement, on est bien plus proche d’un Espace Maritime que d’un simple musée. »

Né en 1988, sous l’impulsion de Patrick Schnepp, président d’associations pour la sauvegarde du patrimoine maritime de La Rochelle, le musée est créé pour valoriser un patrimoine encore mal reconnu et participer à la dynamique que la ville avait engagée autour de son identité maritime. Riche d’un TD6 drague à vapeur de 1906, la flotte patrimoniale constitue le socle du musée originel, trouvant même un temps son incarnation physique dans le France 1, dernière frégate météorologique française, acquise en 1985. Au fil des ans, la flotte s’agrandissant (elle compte aujourd’hui 8 bateaux classés monuments historiques), il devint rapidement nécessaire de repenser le musée. Ce fut chose faîte avec la réhabilitation du tout proche Encan, salle de criée bâtie en 1954, en espace d’expo et l’édification en 2015 par Patrick Bouchain d’une galerie de pavillons.

L’exposition La Rochelle née de la mer

Au sein de la galerie des pavillons se trouve l’exposition permanente du musée : La Rochelle née de la mer.

«  Dans cette exposition sont abordés l’histoire de la fondation de la ville dès le XIIème siècle, des Grands Sièges, des riches armateurs et du commerce triangulaire s’enthousiasme Philippe Martin, enfant du pays intarissable sur les trésors de sa ville. La première salle s’attache aux relations entre les rochelais et la mer, à l’histoire de la pêche de la chaloupe aux chalutiers industriels à travers des portraits, des outils et des témoignages. » On s’y délecte de la beauté des maquettes et dioramas réalisés par Éric Chaumeton et on s’attarde aussi sur l’imposante reproduction d’une carte de La Rochelle datée de 1573.

Puis s’ensuivent deux autres espaces : le premier dédié à l’histoire de la Criée de 1954 à 1993 via une fidèle reconstitution des effervescentes halles à marée ; le second abordant l’épopée maritime de la cité à travers ses ports. De la création du bassin à flot de La Pallice à l’ambition nautique du port des Minimes en passant par les infrastructures du port de pêche de Chef de Baie, maillon fort de la filière pêche et de l’économie locale, l’exposition ancre le visiteur au cœur de la vie des ports.

« La Rochelle était le 4ème port de pêche de France dans les années 70. Le déclin, au mitan des années 80, de la pêche industrielle au profit d’une pêche raisonnée a occasionné de grands bouleversements dans l’économie rochelaise, mais fut salvatrice pour la faune et la flore marine. Aujourd’hui 2 à 3 000 tonnes de poissons sont pêchées par an, contre 20 000 en 1970 ! » précise Philippe tout en se dirigeant vers la nouvelle attraction du musée : une maquette-évocation de la base sous-marine de la Pallice.

Vue aérienne de la base sous-marine de La Pallice

La base sous-marine de la Pallice en 3D

Construite entre 1941 et 1944 à quelque 5 km du centre-ville, la base sous-marine n’est pas ouverte au public. Immense (23 000 m2, 10 alvéoles logeant jusqu’à 13 sous-marins d’attaques)  et indestructible (435 000 m3 de béton constitue sa carapace), elle est objet de toutes les curiosités. Celles-ci seront prochainement assouvies avec l’ouverture d’un espace dédié à la base dans le pavillon des galeries.

« Nous sommes très heureux d’accueillir ce nouvel espace, confie le guide. Il a été conçu par Nathalie Fiquet, notre conservatrice et réalisé par Éric Chaumeton. Cette infime partie reconstituée de la base diffusera une projection en 3D d’une alvéole de la base sous-marine, immergeant le public dans ce bâtiment si méconnu. En ce sens, on s’inspire de ce qui a été réalisé avec brio sur notre exposition temporaire : « Climat-Océan ». »

Climat-Océan, l’exposition-phare du musée

Depuis novembre 2019, cette première grande exposition française consacrée au climat est la sensation du Musée Maritime. Temporaire (jusqu’au 31 octobre 2021), elle est ancrée dans l’Espace Encan. Expérience sensitive et immersive, s’appuyant sur un socle scientifique solide, Climat/Océan réussit le pari de sensibiliser le public au réchauffement climatique et ses conséquences sur l’océan. Incroyable succès pédagogique et esthétique, l’exposition clôt la visite du Musée Maritime, fréquenté par près de 60 000 visiteurs l’an passé.

Depuis le lundi 18 mai, le Musée Maritime de La Rochelle a rouvert ses portes et vit à l’heure du post-confinement. Les visiteurs sont encore peu nombreux, mais les premiers clients profitent du calme du musée. Pour respecter les distanciations sociales, les visites guidées sont annulées mais il est possible de visiter librement le musée, en suivant le sens indiqué pour ne croiser personne. La majorité des pièces sont accessibles, seul le plus grand navire – le France 1 – n’est pas visitable pour le moment, car il faudrait nettoyer toutes les surfaces. Il est évidemment très fortement recommandé de porter un masque, le musée en met à disposition de ceux qui n’en auraient pas. Aussi, du gel hydroalcoolique est proposé aux visiteurs à l’accueil.

Cédric Chaory

INFORMATIONS PRATIQUES : https://museemaritime.larochelle.fr/