Dr. Thierry Lagrange, artiste-peintre avant tout

PEINTURE – Thierry Lagrange est connu comme médecin installé au Gabut mais il est également (avant tout ?) un artiste-peintre rochelais qui compte. Actuellement exposé au café-théâtre L’Azile et prochainement au salon Arts Atlantic et à la galerie En Aparté, il se voit tirer le portrait par Aliénor.

De la fenêtre de la salle d’attente du Dr Lagrange, on se croirait sur quelques contrées outre-marines mais nous sommes bien à La Rochelle, dans les étages du Gabut, ce quartier qui par bien des aspects rappelle la Scandinavie. D’où vient cette impression ? Certainement des grandes plantes grasses qui caressent les fenêtres du cabinet ; de leur vert qui contraste avec les façades à revêtement de bois bleu pacifique … Cette impression est renforcée quand on arrête son regard sur les toiles qui ornent les murs de tout le cabinet : de grandes aquarelles qui révèlent des fleurs colorées, des arbres aux explosives floraisons. Ces peintures sont signées de Thierry Lagrange … car le docteur est aussi et surtout un artiste.

« Mon père était un peintre amateur. Je ne peux pas vraiment dire qu’il m’a enseigné le dessin mais à son contact, en l’observant tel un autodidacte, j’ai appris à faire des croquis… » se remémore le praticien , assis au bureau de sa salle d’auscultation.

Aujourd’hui ses œuvres sont visibles au café-théâtre L’Azile dans le cadre d’une exposition en cours jusqu’au 30 novembre. Il précise qu’il y expose essentiellement ses interprétations de bananiers : « J’en ai un dans mon jardin et je trouve son feuillage aussi graphique qu’inspirant. Parmi la petite dizaine d’œuvres exposées à L’Azile, il y a aussi ma vision de la plage de Trousse-Chemise sur l’ïle de Ré. Je l’avais croquée sur un carnet puis je l’ai ré-interprétée une fois dans mon atelier. »

La nature est le dénominateur commun de l’œuvre picturale de Thierry Lagrange : ses contrastes et son exubérance. C’est en foulant les terres tropicales de la Martinique que le plaisir de peindre lui est revenu comme un boomerang : « Étudiant, j’avais totalement arrêté cette pratique, me consacrant entièrement à ma médecine. Tout au plus j’ai composé quelques herbiers, des dessins très précis, mais c’est en Martinique, en 1992, que tout est remonté à la surface. On peut dire que je me suis totalement retrouvé là-bas !

D’abord des aquarelles puis des huiles, la passion de la peinture lui a été réinsufflée par son bon ami Blaise, peintre antillais qui lui ouvre son atelier, lui tend une toile blanche l’intimant un : « À toi de jouer maintenant ! ». Peindre se révèle alors être une nourriture, un irrépressible besoin qui suit le médecin au gré de ses mutations. Un temps à Saint-Rémy-de-Provence puis en Polynésie française, le docteur se joue de la beauté que la nature lui offre. « En Provence, j’ai pu m’inspirer des Alpilles, des contrastes que cette nature m’exposait mais plus que tout c’est l’alchimie entre le dessin, la couleur et la lumière qui me motive. » explique l’artiste.

Atelier …

À l’évocation de la Polynésie et la Provence, forcément les fantômes de Gauguin, Matisse et Van Gogh flottent dans le cabinet. Des maîtres que le docteur revendique en partie : « Oui, je suis un grand admirateur du fauvisme et ne peut nier que les œuvres de Matisse et Gauguin m’ont éblouies mais je ne copie en rien leur univers. Quant à Van Gogh, ses explosions de couleurs m’impressionnent mais son oeuvre est trop torturée pour moi. »

Son inspiration, il la trouve actuellement au Japon à travers les sakura et le raku. « Les sakuras sont les arbres ornementaux du Japon. Un jour j’ai observé un abricotier du Japon en fleurs. Son contraste avec le bleu du ciel m’a saisi et je me suis piqué d’en peindre toute une série. Quant au raku, c’est un tout autre registre. Il s’agit là de la poterie traditionnelle japonaise qui consiste en un processus très particulier donnant lieu à des créations toujours aléatoires et qui m’apparaissent comme magique. Comparée à la peinture, la pratique du raku me nourrit de nouvelles sensations. Construire un objet, le voir naitre en 3 dimensions est une formidable sensation. » s’émeut-il.

Spécialiste en homéopathie, fervent défenseur de l’art-thérapie, Thierry Lagrange n’a aucun mal à associer peinture et décoration. Il exprime sa pensée ainsi : « Les personnes qui ont acquises mes peintures aiment à me dire le bien-être qu’elles procurent. L’éclat des couleurs a un effet positif sur eux les jours d’hiver ou de pluie. J’aime beaucoup cette idée que l’art procure un bien-être. Moi-même face à un chef-d’œuvre de Klimt par exemple je ressens un plaisir, bien plus même … comme une sensation d’apaisement. »

Pour ressentir ce frisson, Dr Lagrange aime à se rendre à de nombreuses expositions et autres galeries parisiennes. « Je déplore que La Rochelle ne soit pas une terre plus aimante de l’art pictural. Il y a bien trop peu de galeries ici, même si la rue Fleuriau en compte de très intéressantes et que la rue Saint-Nicolas a récemment accueilli celle d’En aparté. Ars-en-Ré ou La Flotte sur l’île de Ré possèdent bien plus de galeries que La Rochelle ! » Lui-même avait tenu pendant 5-6 ans une de ces trop rares galeries, au Gabut.

Pour l’heure, il se consacre à la création de quatre toiles pour le salon d’art l’Art Atlantic, organisé par Art Book, qui se tiendra du 8 au 11 novembre à l’Espace Encan. Des créations qui occupent ses soirées et ses nuits, loin des consultations diurnes :  « Dans mon atelier, je ne travaille pas sur motif, n’ai pas de modèles, pas de dessins préparatoires… Je mets des touches et je fais le fond à la fin et je reprends jusqu’à ce que cela me convienne. Ça me vient comme ça … instinctivement … depuis toujours. »

Cédric Chaory.

INFORMATIONS PRATIQUES: https://www.lagrangethierry.com/blank-1

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