Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup: le vin au mauvais prix !

RESTAURATION – En France, une bouteille s’achète en moyenne près de 6 fois plus cher chez un restaurateur que son prix de vente chez le producteur. Pour une carte des vins bien souvent mal rédigée, il s’agit d’une culbute sans équivalent en Europe. Coup de gueule de Meursault.

Comment parler de ces erreurs et oublis parfois peut-être volontaires, sans jeter l’opprobre sur une grande majorité de restaurateurs honnêtes et professionnels ? Comment parler de ce qui pourrait passer pour un détail aux yeux du client néophyte mais qui n’en est un ni pour le client averti ni pour tous ceux qui gravitent de prés ou de loin autour de ce métier ?

Je veux parler ici de ce que je considère comme un problème récurrent dans un grand nombre d’établissements à La Rochelle et surement de façon plus générale en France: la carte des vins.

Tous ou presque savent composer leur carte, nous ne sommes pas français pour rien. Tous ne savent pas l’écrire, j’entends par là l’écrire dans l’intérêt du client en respectant les règles de bases de bon sens et celles d’informations établies par le législateur. La carte des vins doit comporter quelques mentions obligatoires se trouvant sur l’étiquette de la bouteille, elles permettront aux clients de faire un choix en toute connaissance du produit proposé, avec la bonne indication tarifaire. Plus précisément: la dénomination exacte doit être clairement indiquée, le nom du cépage ou la marque commerciale ne sont pas une dénomination. Elle doit être accompagnée du sigle AOP ou IGP selon le cas (appellation d’origine protégée ou indication géographique protégée). Cette ‘’erreur’’ est assez rare car sur ce point ce serait plutôt volontaire donc malintentionné.

En revanche l’absence de millésime ou un millésime inexact, bien que cela puisse aussi être malveillant, est souvent de la négligence. On ne prend pas la peine de faire la correction sur la carte des vins (parfois un petit sticker suffit ou même un coup de crayon). Or, si tous les amateurs de vins ne le savent pas, le professionnel ne peut pas ignorer que pour une même appellation, une même cuvée, d’un millésime à un autre les qualités organoleptiques du vin ne sont pas les mêmes, donc le vin n’est pas le même. Donc son prix ne l’est pas non plus… C’est en cela qu’il est exaspérant de voir le nombre de cartes comportant pas une mais plusieurs ‘’erreurs’’ de ce genre.

Les coefficients multiplicateurs ou marges appliqués en France sur le vin sont plus élevés comparés à nos voisins européens; fréquemment du simple au double entre la France et l’Europe. Très souvent le prix du vin au verre équivaut à minima au prix d’achat de la bouteille. Il n’est pas rare non plus de retrouver sur certaines tables des bouteilles de Vin de pays ou petite cuvée locale (non AOP non IGP) achetées entre 3€ et 5€ et proposées entre 20 et 30€…

Un peu de rigueur sur ce point ne ferait pas de mal aux consommateurs de vins assidus que nous sommes, puisque les plus nombreux au monde. Le tiroir-caisse de nos restaurants préférés n’en souffrirait pas. Bien au contraire le client satisfait d’un bon rapport qualité-prix qui n’a pas le sentiment de n’être qu’un portemonnaie sur pattes ne peut que revenir, sans modération !  

Meursault.

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