Noarnito, des histoires sur les murs…

STREET ART – Les rochelais connaissent bien l’artiste Noarnito qui régulièrement arbore ses collages sur les murs de la cité, véritables histoires au gré des rues. Une de ses dernières histoires n’a pas laissé indifférent par son message engagé empli d’humanité. Aufredy et les noyés, Aquarium… Interview par Dom.

« An 1196….Alexandre Aufredy, armateur Rochelais envoie ses sept navires de commerce vers les côtes africaines, le Moyen – Orient…. Aufredy, resté à La Rochelle, est sans nouvelle de sa flotte pendant sept ans et sombre dans la misère ayant perdu son investissement…. An 2019, la flotte revient chargée de trésors inestimable… »

Artiste peintre figuratif, Noarnito a grandi à Paris et étudié l’art et l’impression textile à l’École Nationale des Arts Appliqués et des métiers d’Art Olivier de Serres. Passionné par les impressions et les motifs textiles, il nourrit sa création par de nombreux voyages où il explore les techniques traditionnelles.

Noarnito investit les rues de La Rochelle, mais aussi de Paris et ailleurs, présentant pochoirs et collages, œuvres éphémères singulières. Des histoires à découvrir au hasard des rues.

Pourquoi  avoir choisi le pochoir ?

Le pochoir est lié à ma formation à l’ Ecole d’Arts appliqués. Je faisais partie d’un atelier « Arts Textiles et Impressions » où le pochoir est une technique utilisée pour reproduire des formes, des motifs ou des objets. J’ai utilisé au début des pochoirs simples et binaires avec une silhouette + une couleur. Au cours de mes recherches cette technique a glissé sur ce que j’aime faire : représenter des silhouettes et des figures. Aux pochoirs très simples des débuts, j’ai peu à peu ajouté des couches afin de multiplier les effets et les couleurs pour en réaliser de plus en plus élaborés.

Tu n’as pas posé dans la rue au départ ?

Non, j’ai une formation de peintre classique et académique. J’ai commencé par apprendre à dessiner, à peindre sur du papier ou des cahiers. L’expression dans la rue est venue dans un deuxième temps.

Pour quelle raison ?

Pourquoi exposer dans la rue ? Déjà pour exposer ! Mine de rien, la rue à l’heure actuelle est  le meilleur moyen pour être vu. Si on mets ses dessins ou ses peintures dans la rue c’est avant tout parce que l’on souhaite être vu. Que l’on pose un graff, une signature, un tag, un collage ou une peinture… Sinon on resterait tout seul chez soi.  Pour ma part, l’idée de poser dans la rue est venue de l’envie de mettre mes personnages, mes figures, mes créations en relation avec un espace, un lieu qui ne soit pas forcément une toile ou une feuille de papier. C’est plus enrichissant de poser sur les murs d’une ville, de trouver une relation avec l’architecture environnante, les lieux particuliers, l’environnement ambiant et faire vivre véritablement ses personnages dans la cité. L’idée principale étant d’inscrire le dessin, la peinture ou le collage dans une réalité urbaine.

Tu as commencé à La Rochelle ?

Oui, il y a une dizaine d’années. C’est une ville extraordinaire car il y a plein de lieux magnifiques, une belle architecture, des vieilles pierres, des infractuosités, des niches, des arcades, des piliers…toute une histoire ancienne, extrêmement riche, qui m’a permis de faire vivre mes personnages.

Dans quelles autres villes as tu collé?

Essentiellement à l’occasion de séjours touristiques. J’aime évidemment beaucoup Paris, j’y vais régulièrement. J’ai récemment collé à Bordeaux. Cela peut être aussi des capitales ou des villes européennes où j’ai eu l’occasion de séjourner comme Rome, Madrid, Palma de Mallorca, le sud de l’Espagne… J’aime bien coller à Paris qui fourmille d’endroits où je peux raconter mes histoires.

Tu le fais plutôt de nuit ?

Oui la plupart du temps. Je dispose ainsi de plus de temps et de tranquillité. Cependant, la dernière fois que j’ai collé à Bordeaux, je l’ai réalisé  en journée. J’étais en plein centre ville, les gens s’arrêtaient, échangeaient, prenaient des photos, étaient contents que j’embellisse le quartier. Cela a été un moment agréable de rencontres bienveillantes.

Quels projets as tu réalisés à La Rochelle ? 

Un de mes premiers projets dans la ville de La Rochelle a été réalisé grâce à Jean-Pierre Guemas à la Porte Royale. J’ai peint, avant qu’ils ne soient enlevés définitivement, les quatre grands volets de la Porte. J’ai peint les rois Henri IV, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, tous les quatre impliqués dans l’histoire de la Porte.

J’ai  également travaillé à deux reprises avec Les Francofolies. Une première année à l’initiative de Hélène Giraud qui souhaitait réaliser un parcours artistique dans la ville. L’idée était de présenter des artistes emblématiques des Francofolies en les mettant en relation avec des lieux qui les avaient marqués. Par exemple dans tel hôtel Patrick Bruel avait séjourné, à tel endroit -M- avait fait un concert improvisé…On a investi principalement le quartier Saint-Nicolas et la gare de La Rochelle.

L’année dernière, toujours avec les Francofolies, j’ai réalisé un hommage à Maurane et Jacques Higelin en collant leurs portraits sur la Tour de la Chaîne et la Tour saint Nicolas. Ce fut pour moi un grand privilège de pouvoir coller sur ces monuments historiques.

Grâce à Olivier Jaricot, j’ai conduit un projet avec le CCN de La Rochelle. J’ai réalisé un parcours dans le cadre du Festival « Shake La Rochelle », Festival Hip Hop, en collant des danseurs sur divers lieux emblématiques comme La Coursive, La Sirène, le CCN, la Tour de la Chaîne…

Les services culturels de la Ville de La Rochelle m’ont également demandé d’intervenir sur un bunker de la seconde guerre mondiale, qui était situé dans l’ancienne maternité. Je suis intervenu dans la cadre des Journées Européennes du Patrimoine en réalisant une création avant la destruction du bunker dans le cadre d’un projet immobilier. J’ai été heureux que la ville de La Rochelle fasse appel à moi malgré le côté « non autorisé » de la création urbaine..

Enfin, grâce à Christophe Rainteau, de l’Office Public des HLM, j’ai habillé de mes personnages les piliers de soutainement d’un bâtiment du Centre Ville, Cour Saint Michel.

Regardez bien autour de vous lors de vos promenades rochelaises, vous trouverez toujours un des personnages de Noarnito pour vous conter une belle histoire.

DoM, Marguerite La Rochelaise

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Visuels : ©Marguerite La Rochelaise

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