« Narcisses » : perversion en entreprise.

ROMAN – L’enfer c’est les autres. Mais alors les autres en entreprise c’est encore pire que l’enfer. Aux éditions Amok paraît le 25 mars Narcisses premier ouvrage d’un jeune auteur néo-rochelais Aymeric du Riez. Un roman machiavélique qui se lit d’une traite !

Antoine est ambitieux. À 26 ans, stagiaire chez Socotex première agence de consulting de France, il entend se faire vite une belle place dans l’organigramme de l’entreprise. Son objectif : obtenir le poste de son maître de stage : Éric Nerc, un des meilleurs employés de la boîte. Ses moyens : tous et surtout les plus vils.

Mon Dieu qu’ils s’aiment ces deux Narcisses. Éric Nerc, tout d’abord, est celui qui avance « dans le monde sans conscience de l’altérité ni empathie particulière : l’autre ne pouvant sérieusement le concurrencer puisqu’il était écrit qu’il réussisse et qu’il soit in fine le meilleur. » Et puis cet Antoine, prêt à tout pour oublier sa piteuse condition sociale où mère narcotique et père absent lui ont laissé un goût d’émancipation inextinguible. Il y a du George Duroy de Bel Ami, du Rastignac en puissance chez ce jeune homme qui a trouvé, pour s’élever de son rang, terrain de chasse parfait dans l’âpreté du milieu de l’entreprise.

En nous décrivant la lente prédation élaborée par Antoine pour que tombe son boss Éric, Aymeric du Riez signe avec Narcisses, son premier roman, un véritable page-turner. En 121 pages vite dévorées, l’ancien avocat de Paris, trousse un implacable thriller. Par sa structure narrative (un chapitre – une voix d’un personnage), sa fine étude du milieu de l’entreprise (où « derrière toutes ces manières, ces process se cache, sous le vernis des apparences, une violence sous-jacente ») et un humour piquant, l’auteur décrit au plus près les jeux de pouvoir et d’hypocrisie qui se trament en open space. C’est glaçant, c’est la nature humaine.

Après avoir signé deux nouvelles* : Louix XXIII d’Oléron, fantasque dystopie qui se déroule sur l’île de Ré et Le Stérilet, hilarante histoire d’un stérilet déprimé car non utilisé, le néo-rochelais Aymeric du Riez séduit avec ce premier effort qu’il dédicace, non sans cynisme, « à tous les délinquants émotionnels » et qu’on imagine aisément adapté sur écran noir. Très noir.

4ème de couverture

Cédric Chaory

Narcisses – Aymeric du Riez (Amok) – parution le 25 mars.

https://editionsamok.wixsite.com/amok

*https://short-edition.com/fr/auteur/a-du-riez

Laisser un commentaire