Le Musée des Beaux-Arts de La Rochelle fermé jusqu’à nouvel ordre.

BEAUX-ARTS – Le site internet de France Bleu nous informe de la fermeture du bâtiment qui accueille le musée des Beaux-Arts de La Rochelle dûes aux fragilités de ses planchers. Un diagnostic complet est en cours. Le chantier de rénovation dépassera les 10 millions d’euro.

C’est une date gravée dans la mémoire des personnels des musées d’art et d’histoire rochelais. Le 8 juin 2018, la mairie décide brutalement de fermer au public le musée des Beaux-Arts de la rue Gargoulleau. Quelques heures plus tôt à La Pallice, des morceaux d’un château d’eau sont tombés sur des voitures, heureusement sans faire de victimes. Mais à la mairie, on se rappelle alors brutalement un diagnostic réalisé au musée des Beaux-Arts, révélant des planchers très fatigués.

Principe de précaution : décision est prise de fermer l’établissement dès le lendemain matin. Les équipes du musée obtiennent un sursis  pour le rez-de-chaussée, qui doit accueillir une exposition importante du peintre orientaliste Gustave Guillaumet. Mais en septembre 2018, la lourde porte cochère se referme. Définitivement. Depuis, une simple affichette prévient les visiteurs : « Fermé pour travaux préliminaires à des aménagements ». Ce qui pourrait laisser espérer une réouverture rapide. Mais il n’en est rien. La ville refuse de s’engager sur une date de réouverture, mais celle-ci n’interviendra pas avant plusieurs années, au mieux.

Travaux annulés, en attendant un diagnostic complet

En attendant, les travaux initialement prévus sont annulés. Il s’agissait d’installer un ascenseur, et de rénover l’aile ouest. Mais face à l’état du bâtiment, c’est un diagnostic complet de l’édifice qui est décidé. A la manœuvre, la direction régionale des affaires culturelles, qui financera aussi une partie des travaux. « Mais les expertises de la Drac sont longues », regrette le maire de La Rochelle Jean-François Fountaine, qui de son côté promet qu’il n’y a « aucun désintérêt » pour ce dossier.

Cette phase de diagnostic n’aboutira pas avant la fin d’année prochaine. On saura alors ce qu’il faut rénover, et combien ça coûte. Le chantier pourra alors commencer. « C’est un bâtiment qui mérite une rénovation en profondeur » précise Jean-François Fountaine. Le musée est en effet accueilli dans l’ancien hôtel de l’évêque de La Rochelle, l’un des plus intéressants de la ville.

10 à 12 millions de budget

Le budget de cette rénovation est estimé entre 10 et 12 millions d’euros. Et il faudra de la volonté politique pour conduire cette rénovation, qui se retrouvera en concurrence avec d’autres dossiers. « On a beaucoup de patrimoine à La Rochelle, reconnaît le maire Jean-François Fountaine, et une partie de ce patrimoine est en mauvais état. » Aujourd’hui les énergies sont concentrées sur le chantier de l’hôtel de ville qui doit s’achever en fin d’année 2019.

L’investissement reste raisonnable pour Annick Notter, l’ancienne conservatrice en chef des musées d’art et d’histoire de La Rochelle, partie à la retraite il y a deux mois. Elle qui était arrivée à La Rochelle il y a 11 ans, précisément pour accompagner la rénovation des musées, quitte ses fonctions sur un constat d’échec : « Je le vis un peu tristement, parce que c’est un outil culturel de moins dans cette ville, et c’est bien dommage. »

Un souterrain vers le musée du Nouveau Monde ?

Annick Notter lègue à ses successeurs un projet muséographique déjà bien abouti. Il s’agira non plus seulement d’exposer des œuvres, mais de raconter à travers elles l’histoire de La Rochelle. A ce titre, l’ancienne conservatrice rêvait de connecter ce musée par un souterrainà celui du Nouveau monde distant de 70 mètres, et qui raconte déjà une partie de cette histoire : l’âge d’or de La Rochelle aux 17e et 18e siècle, porté par les voyages en Amérique, et le commerce des esclaves. 

Pour Annick Notter, ce souterrain serait une façon de démarquer La Rochelle dans la concurrence avec les autres musées français. « Ce n’est pas une priorité », répond pudiquement le maire, Jean-François Fountaine, qui s’inquiète du budget nécessaire.

(Source : Julien Fleury – France Bleu –https://www.francebleu.fr)

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