Le festival du cinéma japonais a 20 ans

CINÉMA – En partenariat avec le Carré Amelot et sous le Haut Patronage du Service Culturel de l’Ambassade du Japon en France se déroulera du 22 au 25 janvier la 20ème édition du Festival du cinéma japonais, véritable pochette-surprise. Du suspens, du mélodrame, du rire et même de l’épouvante en 4 films et une multitude d’évènements.

Un film polar du maître Kurosawa, une méditation pastorale sur le deuil, une comédie musicale et aquatique, et enfin l’étonnant film-phénomène du récent box-office japonais. Toutes les émotions seront au rendez-vous pour cette édition-anniversaire.

Grand prix du Festival de Cannes 2007

Élaborée par Pascal-Alex Vincent, réalisateur, scénariste, professeur à La Sorbonne Nouvelle et spécialiste du cinéma japonais, la programmation 20ème édition du Festival du cinéma japonais de La Rochelle s’ouvre dès le mercredi 22 janvier avec La Forêt de Mogari de Naomi Kawase – Grand Prix du Jury à Cannes en 2007 – qui met en scène deux personnages principaux : Shigeki, un vieil homme légèrement dérangé qui vit dans une petite maison de retraite située en pleine nature, où l’accent est mis sur l’attention portée aux personnages âgées qui y résident ; et Machiko, une jeune femme employée dans cette maison en tant qu’aide-ménagère. Une même douleur les unit sans qu’ils le  sachent encore : des êtres qui ne sont plus  vivent en eux. La mort, le deuil, le passé qu’on ne rattrape plus, les fantômes: tout l’univers de Kawase se retrouve dans cette Forêt. Dense et envoûtante !

Une comédie nippone euphorisante

Comédie aquatique absolument hilarante, adoptant le rythme et les codes du manga, Waterboys est une curiosité rafraîchissante. Descendants directs des héros de Sannen/Highschool Kimengumi, alias Le Collège Fou, Fou, Fou, les cinq pieds palmés aux caractères bien trempés (le chef, le rebelle, le rigolo, le matheux… et l’efféminé émotif) sont soutenus dans leur tâche par un entraîneur facétieux et une judoka à couettes au poing redoutable. Tableau nostalgique des années lycée, le film plonge ses acteurs dans un univers coloré et chatoyant. Dénué de tout regard cynique, Shinobu Yaguchi jongle sans complexe avec tous les motifs de la comédie adolescente : amitiés indéfectibles, leçons de courage dans l’adversité, premiers émois amoureux… 

Kurosawa en majesté

Attention chef d’oeuvre: Entre le ciel et l’enfer d’Akira Kurosawa constitue assurément une date essentielle de l’histoire du cinéma japonais, mondial, ainsi que de ce que l’on pourrait qualifier du cinéma de genre. Après avoir réalisé Yojimbo (1961) et Sanjuro (1962), deux œuvres de « chanbara » – films de sabres – mettant en scène des « rōnins » – samouraïs sans maîtres -, Kurosawa tourne en 1963 un film contemporain : Entre le ciel et l’enfer. Il le scénarise avec trois collaborateurs, à partir du roman d’Ed McBain Rançon sur un thème mineur – King’s Ransom, 1959.

Industriel au sein d’une grande fabrique de chaussures, Kingo Gondo décide de rassembler tous ses biens afin de racheter les actions nécessaires pour devenir majoritaire. C’est à ce moment-là qu’il apprend que son fils Jun a été enlevé et qu’une rançon est exigée. Se produit alors un véritable coup de théâtre : ce n’est pas Jun mais Shin’ichi, le fils de son chauffeur, qui a été enlevé. Gondo est désormais face à un dilemme : doit-il dépenser toute sa fortune pour sauver l’enfant d’un autre ?

Le plus gros succès du cinéma indépendant nippon

Film « surprise » proposé pour les 20 ans du festival, Ne coupez pas de Shin’ichirô Ueda est sorti en 2018 au Japon. Programmé à l’origine dans deux salles, ce film est devenu le plus gros succès du cinéma indépendant japonais. Tourné avec un budget de 27 000 $, il a déjà fait près de 15 millions de dollars de recettes.

Autour du festival …

Cédric Chaory.

INFORMATIONS PRATIQUES : https://www.carre-amelot.net/cinema-japonais/

Visuel de Une: photo tirée de Entre le ciel et l’enfer d’Akira Kurosawa