La reine de l’afro-pop ambiance La Coursive

MUSIQUE – Dans le cadre de sa tournée « Celia », Angélique Kidjo a retourné La Coursive avec sa salsa métissée, cocktail fort réussi où se croisent sonorités latines et africaines, incantations et rythmes effrénés.

On ne la voit pas débouler, à jardin, alors que retentissent les premières notes de son récital Celia. Ce soir-là pourtant Angélique Kidjo porte une élégante tenue en wax orangé des plus seyantes. Chapeautée du même tissu, Kidjo la magicienne, apparaît littéralement sur scène. Boule d’énergie oblige. Une apparition précédée d’une voix puissante, tellurique qui n’est pas sans rappeler celle des griots de son continent natal.

De retour à La Rochelle après des années d’absence (« c’était lorsque Jean-Louis Foulquier gérait les Francos » précise la chanteuse), Angélique Kidjo fait salle comble pour ce concert-hommage à Celia Cruz. Après avoir célébré, dans le passé, Nina Simone et Miriam Makeba (dont elle reprendra son célèbre Pata Pata à la fin de son show), la chanteuse béninoise interprète ici son dernier album, relecture du répertoire de la célèbre diva de la salsa cubaine. En faisant rencontrer, comme une évidence, les rythmes béninois et ceux de la salsa, Kidjo fait mouche. Succès critique et public, son Celia paru en mai dernier, propose une énergie singulière, mix d’afro-beat, de mélopées orientales, de poésie espagnole et yoruba.

Cucala, La Vida es un carnaval, Sahara, les titres de l’album s’enchaînent mais l’artiste s’autorise aussi des échappées belles comme  avec ces deux titres de Talking Heads réorchestrés très Fela Kuti. Ou ce titre qu’elle à écrit le 31 décembre 1999, message d’espoir et de paix : Afirika qu’elle interprète dans le public, alors chœur improvisé. À ce moment du concert, il n’en fallait pas plus à ce dernier pour se lever de son siège et danser … bien plus timidement qu’Angélique Kidjo, dont la réputation de bête de scène et incroyable danseuse n’est plus à faire.

Avouons tout de même qu’il aura fallu l’insistance de l’artiste pour que le public quitte son fauteuil rouge. « Là, je vais vous chanter du funk, donc il va falloir vous lever … et ne plus vous ré-assoir … ». Comment refuser ? Comment résister à la musique, la danse, la bonne humeur d’une telle artiste ? « Ce que je tiens dans la main c’est un micro qui donne de l’amour mais qui en reçoit aussi. » confie Angélique Kidjo.

Grande humaniste, voix politique qui compte, l’artiste béninoise prêche la bonne parole entre deux titres tout en se confiant sur sa vie : « Enfant, au Bénin, je rêvais d’être chanteuse. Un jour, j’ai découvert Célia Cruz lors d’une de ses tournées dans mon pays. Elle était la seule femme à faire de la salsa entourée d’hommes sur scène. Là je me suis dit si cette femme est parvenue à le faire, moi aussi je peux le faire. »

Aujourd’hui star incontestable, elle sait rester humble, humaine. N’a t-elle pas fait monter sur scène une quinzaine de spectateurs qui improvisera une battle de danse, quelques peu ahurie de se retrouver face au public d’une Coursive qui aura rarement été aussi festive. Un concert épique. Solaire. Parfait.

Cédric Chaory.

Concert vu le lundi 14 octobre 2019.

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