Feu! Chatterton : D’élégance et de verbes.

MUSIQUE – Feu ! Chatterton a cramé la scène de La Sirène ce jeudi 7 mars avec sa pop-rock-électro de « L’Oiseleur » et d’ »Ici le jour », ses deux premiers excellents albums. En première partie Arthur Ely impressionne tout autant. Plongeon dans la poésie moderne.

Aliénor, qui connaissait déjà les 5 compagnons que composent les Feu! Chatterton par leur 1er album Ici le jour, ne pouvait manquer ce rendez-vous qui lui était donné de les revoir sur la scène rochelaise, pour leur second opus « L’oiseleur ».

Date est donc prise pour le 7 mars, où le quintet a électrisé la Sirène, amenant avec lui pour leur 1ère partie, un artiste plus que prometteur : Arthur Ely*. Avec ses textes aux frontières du hip hop, slam et de la chanson française, ce jeune garçon nous a présenté son tout 1er show pétri d’infra-basses et de riffs de guitare, fraichement démoulé qu’il est du Chantier des Francos*.  Gageons que nous entendrons parler à nouveau de ce prodigue en devenir.

Après une petite blague (un peu trop longue) d’essais évacuations incendies au changement de plateau, les spectateurs venus nombreux commençaient franchement à s’impatienter, quand Feu! fit son entrée.

Un décor léché de miroirs lumineux et mobiles,  sur  scène et au plafond. Un régal notamment pour observer le batteur, d’une qualité rare. Les 5 amis, se connaissant depuis le lycée, déboulent sur scène avec l’énergie de tout conquérir. Des guitares, claviers et appareils en tous sens. Car il faut souligner que si Arthur Teboul, le front man auteur des textes n’officie qu’à l’interprétation, tous sont multi-instrumentistes. On passe du clavier à la guitare sans sourciller, parfois les jouant  les 2 en même temps.

C’est peu de dire qu’ils sont heureux d’être là. Sourires sincères, complicité évidente, jeux de scène et taquineries. Si les 4 musiciens arborent des looks plus que décontractés, Arthur, comme à son habitude, ne déroge pas la sa règle du costume 3 pièces ajusté, sur chemise blanche et cravate haute. Raffinement. Dans le verbe, dans le  geste, Arthur EST l’élégance. Un revers de main, un pas de danse, dandy a la voix éraillée. Le son est dingue, les artistes s’éclatent, donnent tout. Littéralement possédé par sa prose, le chanteur se laisse enivrer et embarque le public avec lui. Bavard, il créé de belles transitions poétiques entre chaque morceau, jouant de ses beaux mots, avec le lieu et les gens, tout acquis qu’ils sont à ses mélodies entre espoirs et fatalités. Amoureux de littérature, de chanson française et de poésie, Arthur  aime à citer Lautréamont* dans ses lectures favorites. Les morceaux sont longs – 5 ou 6min – travaillés, décortiqués, alambiqués et fabuleusement écrits. L’homme maitrise la langue et l’art du conte. Une certaine mélancolie exulte de cette verve que déclame un chanteur totalement habité. Il danse, bouge, vascille et vit sa musique avec une intensité rare. On le sent directement inspiré des Gainsbourg, Bashung et autre Ferré.

Plus le show avance, plus les artistes s’amusent. Rodés et définitivement fous, sautent, jouent et tiennent leur sujet. La foule chante en cœur pour Ginger, Ophélie ou la Malinche. Communion.

Aliénor, qui aimait déjà le son studio de ces jeunes parisiens, fut vraiment étourdie de cette singulière expérience scénique. Clairement et définitivement un groupe de scène, Feu! Chatterton ne trahit pas sa réputation de groupe donnant sa chemise pour son art (les deux rappels en témoignent !) Un travail musical incroyable qui donne une dimension très électro à l’ensemble. Une délicate reprise de Syracuse souligne l’ouverture musicale d’un groupe inspiré. Humbles et reconnaissants, les Feu! quitteront la scène dans un salut théâtral, présentant tout leur staff. Le beau geste. Ce groupe est sans conteste à ne pas rater.

Llady Jane.

Arthur ELY https://www.facebook.com/arthur.ely

Feu ! Chatterton https://www.facebook.com/feu.chatterton/

Lautréamont, à lire « Les chants de Maldoror »

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