Expo: « À la lisière » de Mathias Mareschal

6ART PLASTIQUE – Mathias Mareschal présente son exposition « À la lisière » jusqu’au 6 septembre au Centre Intermondes et à la Chapelle des Dames Blanches. Cette exposition présente ses créations et travaux de retour de sa résidence à Bandung (Indonésie) en 2019.

Artiste plasticien, Mathias Mareschal tente à travers son travail d’interroger le rapport du paysage à la représentation dans une économie de gestes et de moyens. Diplômé des Beaux-Arts de Besançon et de l’université d’arts plastiques de La Sorbonne il vit et travaille à La Rochelle.

 Fluidité, absorption, coulure, débordement… le tableau naît de l’utilisation des spécificités du médium matériel choisi. De manière naturelle, pesanteur, inclinaison du support, saturation, la peinture occupe son propre lieu. La peinture ne représente pas, elle se présente elle-même, en son lieu de production, autonome. Elle n’exprime rien d’autre qu’elle-même. C’est la peinture au travail, en travail qui se donne au regard, sans théâtralisation, lieu de la peinture clos sur sa platitude physique, ses limites sont définies.

Je mets en présence, dans une économie de gestes et de moyens, quelques traces d’encres au pourtour d’une zone définie, vierge, couleur du support. Je ne peins pas, ne donne pas de « coups de pinceau » mais marque le support au moyen de pliages-dépliages, froissements-défroissements, déversement de la couleur directement sur le support. Mon geste n’est pas médiatisé (par le pinceau), théâtralisé, projeté. C’est « le sujet du travail de la peinture, de la peinture en travail et au travail avec ses instruments et ses moyens (1) » qui est donné à voir. Chaque élément du tableau est mis en contigüité avec le geste qui lui correspond. Chaque geste se pose sur le fond brut, sans apprêt, non travaillé. Le fond est mis à nu, sans mystère, sans illusion de « dessus de sous », sur le fond chaque geste peut se suivre à la trace, de manière distincte. » Mathias Mareschal

(1) Expression empruntée au titre de l’ouvrage de J.Clay, Pollock, Mondrian, Seurat: la profondeur plate, éditions Macula, Paris, 1978.

« Il y a plusieurs façons de s’extraire de la représentation. Dans les œuvres de Mathias, la méthode employée, autant que le résultat visuel qui en découle, sont à mille lieues des préoccupations dystopiques qui agitent nos sociétés contemporaines. Loin de ces enjeux, elles invitent le spectateur à une méditation humble et sensible. En s’extrayant de toute forme de didactisme, elles construisent un langage poétique qui nous invite à une merveilleuse expérience esthétique. »Asmujo Jono Irianto . Artiste – Curateur