« Des Elles à La Rochelle », féminin festival.

FESTIVAL – Avec le festival « Des Elles à La Rochelle », la cité affirme chaque année les droits des femmes durant un mois. La 10ème édition démarre dès le 2 mars avec son cortège de spectacles, expositions, débats, salons et sport. Entretien croisé avec Salomée Ruel, Conseillère municipale à la délégation Egalité Homme-Femme et Hélène Robin, Présidente du Collectif Actions Solidaires.

Pouvez-vous revenir sur les origines du festival ?

Salomée Ruel : Le festival des Elles à La Rochelle, qui va fêter sa 10ème édition, est un projet de l’ancienne municipalité. Maryline Simoné, alors en charge de l’Égalité Homme-Femme, a eu cette volonté  de créer un événement d’envergure autour du 8 mars, Journée de la Femme. Volonté soutenue par le collectif Femme17, regroupant les nombreuses associations de femme de La Rochelle, qui a co-construit le festival avec la Municipalité. Lorsque celle-ci a changé, en 2014, je me suis de suite inscrite dans la continuité de mes prédécesseurs. Un temps déléguée aux sports, j’ai en charge, depuis 2015, la délégation égalité Homme-Femme. J’ai donc repris l’organisation des Elles à La Rochelle notamment du point de vue de son impulsion et de ses financements. Mon arrivée a correspondu au moment où le collectif Femme17 périclitait, dû au vieillissement de ses bénévoles. Il m’a alors fallu trouver un nouveau coordinateur, trouver de nouvelles synergies. Le Collectif Actions Solidaires s’est porté volontaire. Depuis, tous les ans, un pas supplémentaire dans la programmation, de qualité et au long cours, est franchi.

Des Elles à La Rochelle propose un mois de festivités. Comment organise t-on une telle programmation ?

Salomée : Au début toutes les associations souhaitaient être programmées le 8 mars. La politique du festival était un peu « premier arrivé, premier servi » mais aujourd’hui les associations relativisent cette date symbolique. Le plus important est d’être programmé et que le public soit présent sur tous les évènements et non concentré et dispersé sur une Journées du 8 mars trop riche de manifestations. Les associations travaillent en bonne intelligence et cela se ressent dans la ville. Aujourd’hui de nombreuses autres nous rejoignent pour s’inscrire dans la programmation car Des elles à La Rochelle leur offre une belle visibilité.

Hélène Robin : Le collectif Actions Solidaires regroupe 30 associations. Il a vu le jour en novembre 2010 avec l’objectif de favoriser les synergies entre les acteurs associatifs de solidarité internationale. Nos partenariats avec la Ville de La Rochelle et les autres structures nous permettent de développer une programmation riche et plurielle. Nous investissons toute la ville et même au-delà. Laure, en charge de la coordination du festival, est une personne centrale dans l’organisation d’un tel événement. Qu’elle soit ici saluée pour son travail !

Charline Picon est la marraine de l’édition 2019. Que représente pour vous cette championne ?

Salomée : Elle est un merveilleux modèle pour les femmes. Charline est une sportive de haut niveau, maman d’une petite fille de fille d’un an et demi. C’est une vraie championne. Le collectif nous a demandé s’il était possible qu’elle soit la marraine de l’édition 2019. J’ai contacté mes amis du service des Sports pour entrer en contact avec elle. Charline, dotée d’une belle conscience sociale et toujours partante pour marrainer de belles causes, a répondu favorablement, comme nous l’imaginions.

Hélène : Je suis d’accord avec Salomée. Charline est une jeune sportive pleine de ressources et de talents. Elle est un superbe modèle. Lors du festival elle sera en plein championnat et ne pourra être présente sur le festival mais elle nous a préparé une interview filmée. Elle sera diffusée lors du salon du livre.

Salomée : Il faut d’ailleurs noter la belle présence du sport dans la programmation. Il est en effet important que le festival ne soit pas qu’un événement culturel et de débat intellectuel. Il en faut pour tous les goûts. À mon arrivée, j’ai donc donné cette impulsion pour ouvrir le festival vers le monde du sport en sollicitant les associations sportives féminines.

Quelle est l’implication de la Mairie sur ce temps fort ?

Salomée : La Mairie intervient de deux manières. Il y a la partie visible : l’argent notamment les subventions versées aux associations. Pour Des Elles à La Rochelle mon budget à l’égalité des genres, plus petite enveloppe de la municipalité, débloque tout de même 3500 euro. C’est plus de 1 000 euro par rapport à 2018 car le collectif a repris le financement du salon inaugural : le salon des livres d’auteures francophones. Et puis il y a tout le reste : la partie logistique. On en parle moins mais c’est la plus grande contribution. Je pense notamment au prêt de salles municipales comme l’Oratoire ou l’Espace Bernard Giraudeau.

Revenons sur ce salon du livre qui ouvre le festival …

Hélène : Il s’agit d’un des deux seuls salons de littérature féminine en France. S’y rencontrent auteures éditées, en auto-édition et non éditées. C’est l’occasion pour le public de voir des auteures locales, d’échanger, de se faire connaître et de connaître. Les femmes sont moins publiées que les hommes. Ce salon soulève cette épineuse question de l’accès à l’édition pour les femmes.

Comme fil rouge du festival : Héloïse Martin de Carabistouilles et Cie. Que réserve l’artiste au public ?

Hélène : Héloïse Martin a interviewé des femmes rochelaises cet hiver. De ces rencontres  sont nés Mots d’Elles, petites saynètes qui seront interprétées en amont de quelques évènements. Ces dames rochelaises, vraies héroïnes,  lui ont inspiré des personnages qu’elle va jouer tout au long du mois de mars. Héloïse va nous permettre la connaissance de femmes rochelaises. Ces femmes rochelaises, on les retrouvera aussi le 16 mars au Musée maritime à l’occasion d’une lecture musicale de textes de femmes de marins. À La Rochelle, elles sont nombreuses, jeunes et moins jeunes. Mais qui sont-elles ?

Au-delà des spectacles et manifestations sportives, Des Elles souhaite ouvrir le débat sur l’égalité homme-femme, sur le vivre-ensemble. Le Show Causeries du 29 mars à l’Horizon Habitat Jeune de Mireuil  proposera une rencontre sur la place des femmes dans l’agriculture d’aujourd’hui ?

J’invite les lecteurs qui nous lisent à nous rejoindre à l’Apéro solidaire du 21 mars. Ce sera l’occasion de rencontrer toutes les associations, leurs bénévoles et les partenaires du festival. Sans doute que certain-e-s d’entre vous aimeraient devenir un-e de nos futur-e-s bénévoles ?

Propos recueillis par Cédric Chaory.

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