La mystérieuse île de Pâques dévoilée au Muséum de La Rochelle

EXPOSITION – Conçue par le muséum d’histoire naturelle de Toulouse en collaboration avec celui de la Rochelle, Île de Pâques, nombril du monde propose un nouveau regard sur les connaissances historiques, culturelles et environnementales de cette petite île du Pacifique Sud. Une exposition à explorer jusqu’au 6 septembre 2020 au muséum de la Rochelle.

Vous croyez que l’île de Pâques et ses grandes statues de pierre sont la preuve indiscutable que des extraterrestres nous ont visités un jour ou qu’une force supérieure est à l’œuvre dans cette petite île pelée du Pacifique pas plus grande que Paris ?

Alors vous êtes bons pour un stage intensif de démystification dans les sous-sols du Museum de La Rochelle. L’établissement consacre sa nouvelle exposition temporaire à Rapa Nui, ce confetti découvert le 5 avril 1772, jour de Pâques, par un navigateur hollandais. Avec le souci permanent d’être en phase avec les dernières découvertes scientifiques. Voici quelques unes des idées reçues que cette exposition bat en brèche.

Les Pascuans sont les derniers représentants d’une civilisation perdue. Extraterrestres donc, ou derniers représentants d’un continent englouti, ou grands maîtres d’une société secrète établie aussi à Stonehenge ou à Gizeh… Les théories vont bon train sur l’origine des Pascuans. « En fait les habitants sont des Polynésiens au sens le plus complet du terme, arrivés d’Asie du sud-est vers l’an mil grâce à une science de la navigation étonnante », recadre Nicolas Cauwe, grand spécialiste de l’île et conservateur aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles.

Il fallait une force surhumaine pour ériger les moai. Certaines des quelque 900 statues mesurent six mètres et pèsent douze tonnes. Alors forcément, on a longtemps cru qu’il fallait une force surhumaine pour les déplacer. Des recherches récentes ont montré que finalement, non. A condition d’avoir le bon traîneau de bois et 60 gars motivés pour le tirer, un bloc de pierre volcanique de 10 tonnes peut parcourir 15 km en une semaine. Par ailleurs, il est probable que les blocs étaient transportés à l’état brut avant d’être sculptés sur leur plateforme, dos à la mer.

Les fous ont signé leur éco-suicide. Les recherches ont montré que l’île, aujourd’hui aux allures de steppe pelée avait été verte, luxuriante et hérissée de palmiers autochtones. Une théorie répandue est que les habitants en procédant à un déboisement massif se sont « éco-suicidés ».

Nicolas Cauwe est plus nuancé. « Oui, le développement de l’agriculture a donné lieu à du déboisement, dit-il. Mais l’île a aussi essuyé plusieurs accidents climatiques dus au courant équatorial el Niña ». Sans compter les épidémies apportées par les « visiteurs » à partir du XVIIIe siècle, et leurs exactions.

Elle n’est plus peuplée que de touristes en short. Onze avions par semaine desservent l’île de Pâques depuis Santiago du Chili, faisant du tourisme la principale ressource économique des 6.300 habitants qui peuplent les 165 km2 de Rapa Nui. « On y trouve tous les métiers, un hôpital et 2000 jeunes y sont scolarisés », assure Nicolas Cauwe qui y retourne fréquemment.

INFORMATIONS PRATIQUES : https://museum.larochelle.fr/

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