Une expo BD qui groove à La Sirène !

Jusqu’au 11 juillet, La Sirène expose quelques 40 dessins originaux d’Hervé Bourhis tirés de son « Petit livre Black Musique » mettant en scène les héros du funk, de la soul, des MC du hip hop et des monstres sacrés du blues. Coz’ we got soul, babe !

 

Que ce soit la musique noire, rock, heavy-métal, les Beatles, ou encore Madonna en muse dans Le Teckel, la musique est partout dans votre œuvre. Comment vous est venue cette envie de conjuguer le bande dessinée et la musique ?

C’est très vieux, à 14 ans, je faisais déjà des bandes dessinées qui racontaient l’histoire de groupes de rock de mon invention. Ensuite, quand je suis devenu auteur de BD, ma première série Le Stéréo-Club avec Rudy Spiessert, parlait de la fin des disquaires. Mais j’étais frustré par la fiction, ce format narratif ne me convenait pas pour ce sujet. Alors j’ai eu l’idée de cette formule de livre semi-documentaire, de patchwork graphique. Ça a donné le petit livre rock. Formule que je n’ai pas vraiment inventé, puisqu’André Degaine avait fait une Histoire illustrée du théâtre dans les années 90.

Hyper documenté mais jamais ennuyeux, Le Petit Livre Black Music, paru en novembre 2016, balaie un siècle de musique noire en Amérique. On imagine que le travail de recherche fut très laborieux. Comment avez-vous opéré des choix ?

Pas vraiment laborieux, c’était du boulot, mais du boulot agréable. En fait, la formule était bien rodée, c’était le 5e livre de la collection, je connais la gymnastique. J’ai toute la doc à disposition, puisque j’achète livres, magazines, DVD sur la musique depuis l’adolescence. Il faut s’absorber dans le sujet pendant plusieurs mois, tout relire, tout annoter année par année, vérifier les infos. On a accumulé de quoi faire 10 livres sur le sujet. Ensuite, avec Brüno, on s’est retrouvé plusieurs fois pour trier, chasser le gras, et découper le livre. Le choix des disques de l’année est très agréable, ce sont des discussions sans fin, il faut faire des compromis… Et une fois le livre écrit et découpé, il faut tout dessiner. Brüno s’est chargé de tout ce qui est en couleurs, et j’ai fait le reste.

Point de jazz cependant dans ce livre ?

Non, on a considéré assez vite que le sujet était trop vaste et mériterait un livre séparé. Qui existera peut-être un jour, qui sait… On a décidé de se consacrer uniquement aux musiques populaires afro-américaines, du blues au rap. C’est déjà assez copieux !

« Mes « Petits Livres » ne sont pas un concept, ils sont une extension des trucs qui m’obsèdent depuis l’adolescence » : quels pourraient être vos prochaines obsessions croquées sur papier ?

Là je travaille sur Le Petit livre de la french pop avec Hervé Tanquerelle. ça sort en novembre. Après on verra, ces livres demandent un travail assez épuisant, à chaque fois je me dis que c’est le dernier…

Les bandes dessinées documentaires s’avèrent souvent lénifiantes. Ici, on se délecte de la lecture. Quel est votre secret ?

Merci ! Eh bien la formule est assez simple. D’abord l’image. Et ensuite, mélanger la grande et la petite histoire. Les anecdotes rigolotes permettent des respirations entre deux informations importantes. C’est un équilibre à trouver. Ce n’est pas un travail universitaire, mais un travail d’auteur, subjectif. Si toutes les infos sont rigoureusement exactes, le ton doit rester léger, et les textes synthétiques.

Le Petit Livre Black Music est aujourd’hui décliné en exposition à La Sirène. Qui a eu l’idée d’un tel projet ?

David Fourrier, le boss de la Sirène. En deux mails et un coup de fil, c’était réglé.

Seules 40 planches sont exposées. Là encore un choix drastique a dû être opéré. Pourquoi ce salaud d’Ike Turner est retenu et pas Tina ? Plus sérieusement comment avez-vous sélectionné les planches ?

C’est simple. La finalité de mon travail, c’est le livre. Donc je ne dessine pas pour être exposé. Je ne soigne spécialement pas mes originaux, le dessin n’est qu’une étape. J’ai donc trouvé des dessins qui par miracle sont propres, et bien composés dans la feuille. Et mes dessins de Tina sont moins réussis que celui d’Ike, c’est ainsi. ça n’a rien à voir avec l’amour que je peux avoir pour tel ou tel artiste. Parfois, les salauds donnent un meilleur dessin que leurs victimes.

Cette exposition sera t-elle visible ailleurs en France ?

Pour l’instant, ce n’est pas prévu.

Il y a un an vous publiez un abécédaire sur Donald Trump. Votre sentiment sur sa dernière sortie concernant l’attentat au Bataclan ?

Commenter les tweets de Trump serait un travail à temps plein, et j’ai franchement mieux à faire…

Propos recueillis par Cédric Chaory.

Plus d’informations sur l’exposition:
http://www.la-sirene.fr

 

 

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