« Sous la neige » : laissez voler les petits papiers …

JEUNE PUBLIC. Quelques jours avant Noël, le Carré Amelot offre un bien joli cadeau à son jeune public : Sous la neige par la compagnie messine des Bestioles. Une pièce onirique qui invite à la découverte d’un monde fait de centaine de papiers de soie.

 

À peine entré dans la Salle Municipale de Tasdon et c’est le premier émerveillement. En son centre : un manteau neigeux, rectangulaire, dodu et immaculé, que viennent encadrer enfants et parents le temps de la représentation au dispositif bi-frontal. Passé l’émerveillement vient l’envoûtement. Troublante cette sensation d’enveloppement que procure cet îlot de paradis blanc, fait de papiers de soie, froissés et enchevêtrés. Sous la neige n’a pas encore vraiment commencé que déjà son public ouvre grand les yeux, calme et fasciné. Un homme et une femme, vêtus de blanc et de moon boots en poil immaculé, marchent autour de l’espace virginal, piochant de-ci de-là quelques papiers. Dans leurs mains, ces feuilles prennent vie et se métamorphosent en oiseau, en avion, en flocon. Silence, souffle, froissement, bruissement … la musique de cette géographie d’air et de papier apaise.

Puis n’y tenant plus, le couple, tel Alice au pays des merveilles, plonge dans le rectangle. De l’autre côté du miroir. Dès lors on pourrait croire être sur un rafiot qui navigue contre vents et marées au gré d’un éclairage tourmenté, avec dans les fonds marins, serpent, méduses, anémones géantes et autres monstres imaginaires gentiment horrifiques, figurés à l’aide de feuilles froissés-pliés, attachées à des cercles manipulés. L’aventure, allant crescendo, au fur et à mesure que se déploie une musique oscillant entre ambiant et classique, se termine dans la joie quand les interprètes invitent son jeune public à les rejoindre sur scène, dans ce monticule de papiers qui n’attend qu’une chose : prendre à nouveau vie dans quelques menus menottes.

Créé en 2015 par la compagnie messine Les Bestioles, Sous la neige est un petit bijou de spectacle jeune public. Poétique, sensorielle, onirique, la pièce de 35 minutes n’a pas son pareil pour capter, dès l’ouverture, l’attention de son public, jeune ou moins jeune. Par une scénographie épurée et évolutive reposant essentiellement sur la manipulation de formes abstraites et mouvantes, la metteure en scène Martine Wianowski ouvre les portes de l’imaginaire via la découverte physique et la métamorphose de la matière. Fidèle à son univers en quête d’émotion sensorielle et d’un rapport particulier au public, elle signe une pièce sans parole et non narrative mais qui dit tant. Un ballet visuel d’une immense douceur, une rêverie, cadeau de Noël avant l’heure, pour spectateurs de tous âges. … dès 6 mois même, c’est dire.

Cédric Chaory.
Visuels de Une: ©LesBestioles

Programmé par le Carré Amelot le 19 décembre 2018 à la Salle Municipale de Tasdon.

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