Shake three times La Rochelle !

Du 3 au 30 novembre, La Rochelle remuera au rythme de la troisième édition du festival hip hop Shake La Rochelle, initié par le Centre chorégraphique. Chaque année plus étoffée, la programmation est un hommage à un genre chorégraphique au firmament de sa créativité. 

 

« Je suis fier de vous présenter cette troisième édition de Shake La Rochelle dont j’assume intégralement la direction artistique. Je suis d’autant plus fier que ce temps dédié aux cultures urbaines dont vous pourrez apprécier la richesse et la pluralité est un autofinancement du CCN quasiment à 100%. Aussi j’espère que ce rendez-vous vous surprendra par la qualité de ses propositions ». C’est en ces termes que Kader Attou a conclu la conférence de presse de son festival automnal.

Fier le directeur du Centre chorégraphique national de La Rochelle peut l’être tant, au fil des ans, Shake La Rochelle prend de l’ampleur pour aujourd’hui proposer sur un quasi-mois 16 rendez-vous réunissant 22 compagnies du monde entier.Créations, marathon de la danse, haïkus dansés, programmation de spectacles en salle et en rue, master classes, impromptus dansés, spectacles jeune public, table ronde, le CCN voit décidément le hip hop en grand.

Une histoire de la danse hip-hop 

Bientôt un demi-siècle qu’est née la danse hip-hop avec les styles originels uprock, breaking ou encore funk styles. Si Shake n’ambitionne pas de relire l’intégralité de cette passionnante aventure, il propose cependant dès son ouverture – le samedi 3 novembre – une découverte de petites histoires du hip hop. Dans les diverses médiathèques de la communauté d’agglomération, B-Boy Thias, danseur émérite, s’attèle à faire re-découvrir le toprock pendant qu’Hamid Ben Mahi fait revivre les riches heures du Soul Train et du Line Dance Hip Hop et que Pierre Bolo présente, lui, la technique du slide.

Plus récente, l’électro est née dans les années 2000. Un temps business lucratif connue sous l’appellation « tecktonik », elle est aujourd’hui un style hip hop reconnu. Avec MetaMorphone de la compagnie Sine Qua Non Art, elle est revisitée dans un duo de haut vol réunissant le beatboxer Tioneb et le danseur rochelais Brice Rouchet.

The Ruggeds©LittleShao

 

Le hip hop de ta région

L’attention accordée aux forces vives du hip hop régional dans la programmation 2018 de Shake est à saluer. Au duo rochelais Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours s’ajoute l’incontournable Cie Pyramid qui joue à deux reprises sa nouvelle création Sur le fil : à La Coursive et à l’Agora de Saint-Xandre. Postulat de départ de la pièce : l’attente ou comment échapper le temps d’un instant, à la pesanteur d’une réponse qui nous hante. Côté réservation, il ne s’agira pas d’attendre : le collectif rochefortais a pour habitude de faire salle comble ! Autre collectif local : Ultimatum qui propose une restitution du projet amateur en collaboration avec les Éclats chorégraphiques avec la compagnie poitevine La Cavale : My Craft (lire http://chroniquesdalienor.com/?p=1861)

Nos voisins d’Aquitaine et de Loire-Atlantique sont également présents. La Cie Hors Série dévoile non seulement les prémices de Yellel et son directeur Hamid Ben Mahi interpréte des haïkus dansés à la Tour de la Lanterne en compagnie de Stéphane Grosjean. La Cie S’poart, dirigée par Mickaël Le Mer, présente sa nouvelle création Crossover.

Mind Ur Step©DR

À l’international.

Espagne, Pays-Bas, Japon … les talents du hip hop international sont également bien représentés. Immanquable est la soirée du 15 novembre où The Ruggeds, compagnie hollandaise dite « de battle » fait le buzz partout où elle passe avec son Adrenaline, show bourré de créativité, condensé exclusif de tous leurs talents dans lequel ils explorent les limites de ce qui est physiquement possible ! Autres artistes hollandais programmés dans Shake : Simon et Roy du duo Sample Culture et leur Boredom 2.0 aussi absurde que comique. La compagnie espagnole Agnès Salles & Hector Palza, toute droite arrivée de Barcelone, danse, elle, sa poignante Las Viudas, pièce qui aborde le sentiment de perte.

International également ce documentaire produit par le rappeur Nas et réalisé par Adam Sjorberg Shake the Dust qui traverse 40 pays rendant compte de l’importance du breakdance dans les quartiers les plus pauvres du monde. Un vibrant hommage au pouvoir de la musique et du mouvement à découvrir impérativement.

Kader Attou, maître en son royaume.

Le Japon est à l’honneur via la nouvelle création de Kader Attou Triple Bill#1 qui triomphe actuellement aux quatre coins du globe. Ce dialogue croisé entre la France et le Japon a fière allure. L’idée est de mettre deux chorégraphes (Jann Gallois et Kader Attou) au service d’un quintet de solistes hip hop japonais et d’y ajouter une pincée de street dance « made in Japan ». Clairement un des temps forts du Shake 2018.

Deux autres rendez-vous « attou-ien » : Mind Ur Step, programme qui réunit sur une année et dans plusieurs pays 11 danseurs européens pour qu’ils puissent franchir un nouveau palier dans leur danse, sous la direction artistique bienveillante de Nabil Ouelhadj, Lloyd Marengo et le directeur du CCN La Rochelle. Après sa création à Shake, la pièce tournera en suite en Europe pendant 4 mois en 2019. Enfin, Shake en Balade invite à une variation poétique sur le temps qui passe dans le parc Kennedy de Mireuil. Y seront joués des extraits de Pourquoi pas, création 2002 de Kader, en écho à la pièce de Bois et … de la Cie des Pieds au mur.

Le festival se clôture en musique et à La Sirène – un des nombreux et fidèles partenaires de Shake – ou plutôt devrait-on écrire en silence et à la Sirène. L’équipe du festival vous convie en effet à la mythique Silent DJ Party, imaginée pour libérer toutes les énergies en une discothèque géante sous casques individuels. Le principe : choisir son son, son DJ, rentrer dans la danse. Épique !

Cédric Chaory.

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