Les vertiges de Minuit.

MUSIQUE – Avec son premier album Vertigo le quatuor Minuit, composé de Simone, Raoul, Joseph et Clément, impose son style : un univers rock, hyper-coloré avec une touche rétro. Simone, auteure et chanteuse du groupe, nous le décrypte pour Aliénor.

Vertigo est enfin sorti. Au vu du succès de votre EP, pourquoi avoir attendu 3 ans pour la parution de ce premier album?

Nous avons beaucoup tourné. Une fois cette longue aventure finie, nous avons pris notre temps pour composer Vertigo. Nous avions accumulé beaucoup d’idées pendant la tournée et … beaucoup furent abandonnées. Il nous a fallu du temps pour bien faire les choses. Et puis j’avais du mal à être et en tournée et travailler mes textes. Il s’agit vraiment de deux phases mentales bien distinctes pour moi : sur les concerts, on est dans le partage immédiat, pour l’écriture j’ai besoin d’être dans ma bulle, de me couper du monde.

Vu l’attente du public, on imagine votre pression au moment de la sortie de l’album ?

Dès qu’on commence à être repérés, écoutés, suivis par les médias, une pression s’installe. Ce qui est certain c’est que nous n’avons pas travaillé sur Vertigo avec la même naïveté que sur l’EP. Je dirais que si nous avons eu une pression, ce fut une bonne pression.

Vertigo s’ouvre avec le titre Blondie. Comme ce groupe culte vous mélangez le glamour, le disco et le punk. Est-ce à dire que Debbie Harry est un maître à penser ?

Maître à penser je ne sais pas mais il est vrai que je suis fan de l’artiste Debby Harry. Elle est incroyablement belle et talentueuse. Comme vous dîtes elle a réussi l’union entre le punk et le glamour, ce qui n’est pas rien. Oui, on peut dire le groupe Blondie est une de nos références.

©Manu Fauque

Dans Minuit, le public connaît forcément Simone et Raoul mais qui sont les deux autres membres : Joseph et Klem ?

Klem est le bassiste du groupe. Il vient du Sud et il est monté à Paris quand il a rencontré Raoul avec cette idée de créer un groupe ensemble. C’est un bosseur plutôt acharné. Il a toujours un concert à droite à gauche. C’est un vrai musicien qu’on peut trouver dans pas mal de salles de la capitale comme le Caveau des oubliettes. C’est quelqu’un qui a besoin de jouer tous les soirs. Joseph est l’autre guitariste du groupe. Il est plus dans la construction des morceaux que Guitar hero. Il peut jouer du clavier, de la guitare. Il a une vision très précise de la musique, il sait tenir une idée et la porter au plus haut. Raoul est bien plus fougueux et impulsif !

Vous signez tous les textes du groupe. D’où vous est venu le goût de l’écriture ?

J’ai commencé à écrire il y a à peu près 10 ans. Des poèmes, des textes rien que pour moi. Au tout début du groupe Minuit, écrire des chansons était comme un jeu pour moi et j’essaye de ne pas perdre ce côté ludique de l’écriture. Jouer avec les mots est un exercice qui me plaît.

Tropical et Exil parlent de Paris. Une ville qui vous inspire …

C’est ma ville. On parle bien souvent d’où l’on vient et moi c’est Paris ! Je suis très attachée à ma ville qui m’émerveille toujours autant. Je la redécouvre à chacune de mes balades car j’ai à chaque fois les yeux d’une touriste. J’ai bien évidemment conscience des défauts de la ville mais je n’oublie jamais ses qualités. C’est la ville qui m’accompagne au quotidien  …

En s’inspirant du son des années 80, Vertigo propose un son rétro, non ?

Oui il y a de cela, sans que nous soyons dans du rétro-pastiche. En fait nous ne sommes pas dans une volonté de retrouver impérativement un son années 80 et c’est un peu malgré nous car nous avons des sons de synthé, de la guitare. La guitare est de plus en plus rare dans les groupes actuels donc forcément ce son ramène au passé. La manière de jouer de Raoul est également très emprunte d’un son 70’s, un brin hard rock.

La musique urbaine est aujourd’hui la plus populaire auprès du public, vous-même aimez écouter Aya Nakamura …

Tout à fait, elle a de superbes mélodies, des paroles tout aussi sympas. Les titres que j’ai pu entendre d’elle m’ont bien plus et je ne suis pas du tout fermée. J’écoute de tout sans aucun jugement. À partir du moment où la chanson me fait de l’effet, me provoque une émotion c’est gagné. Les titres d’Aya sont très efficaces pour ça : ils donnent envie de danser, de chanter les refrains. Et j’aime ce qu’elle raconte !

Vous chantez, vous écrivez les textes et vous dessinez même les pochettes de vos productions. Pourtant pour Vertigo c’est une photo qui orne le CD ?

La maison de disque nous a demandé à ce que la pochette de Vertigo laisse apparaître nos visages au public. Nous avons tout à fait compris cette demande car jusqu’à présent mes dessins pour les pochettes de disques étaient abstraits. J’ai cependant fait partie de la direction artistique des visuels de Vertigo. Il s’agit d’un découpage d’une photo qui a été repensée. Mais le dessin m’animant au quotidien, je continue à travailler sur les pochettes des singles et les affiches de concert.

Justement après plus d’un an et demi de tournée, vous vous apprêtez à retrouver à nouveau votre public pour défendre Vertigo. Prêts ?

J’ai le sentiment que nous nous sommes vraiment améliorés depuis la précédente tournée. Nous disposons d’une plus grande équipe notamment aux lumières. Ça change tout, nous sommes désormais dans l’ordre du spectacle. Pour moi un concert ce sont des oreilles mais aussi des yeux. C’est un tout ! Aujourd’hui je me sens presque à l’aise sur scène, à ma place, en tous les cas bien plus qu’il y a trois ans. Minuit espère d’ailleurs passer à la Rochelle cet été, aux Francos notamment.

Propos recueillis par Cédric Chaory.

Vertigo – Minuit (Because Music) / https://www.facebook.com/MinuitMusic/

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