Les Francofolies de La Rochelle : Clara Luciani

Clara Luciani, avec sa plume délicate et sa voix grave, en a déjà séduit plus d’un. Vendredi 13 juillet, dans le cadre du festival des Francofolies de La Rochelle, elle donnait sur la Grande scène de La Coursive un concert envoûtant. Rencontre quelques heures avant sa prestation.

Vous participez là à vos premières Francofolies. Vos impressions ?

Non, j’ai fait mes premières Francos à l’âge de 19 ans avec La Femme. Je chantais au sein du groupe. L’année dernière, j’ai joué sur une petite scène qui s’appelle La Guinguette. C’est donc ma troisième fois.

Cette année est celle de la consécration. Prenez-vous le temps d’apprécier ?

Ça fait 6 ans que je suis à Paris et que j’essaie de faire ma place dans la musique. J’ai participé à plein de projets, j’ai fait plein de petits boulots en espérant ce que je vis aujourd’hui. J’apprécie au compte-goutte  tout ce qu’il m’arrive. J’attendais tellement ça que j’ai su recevoir ces cadeaux-là. Je ne suis pas du tout blasée.

Votre premier EP  était sombre et mélancolique. Votre premier album Sainte-Victoire, lui, est plus ouvert …

Oui, en effet. Il est plus solaire, plus optimiste. J’ai quand même l’impression que les deux disques sont complémentaires. Les deux ont un point commun, ils sont autobiographiques. Il y a deux forces qui se bataillent en moi. Je suis toujours entre le rire ou les larmes, entre le chaud et le froid, entre le clair et l’obscur, entre le léger et le grave. Cette complexité, cette dualité, je crois qu’elle est propre à la nature humaine.

On sent beaucoup de sincérité dans votre album.

J’espère parce que je suis incapable de faire autre chose que ça. Je n’ai pas souhaité prendre un pseudo parce que les chansons étaient trop moi.

Votre premier Olympia est programmé le 12 avril 2019. On vous imagine très excitée ?

Oui c’est hyper excitant pour moi. J’ai fait 7 ou 8 premières parties à l’Olympia, ça fait beaucoup. J’ai en fait trois de Bernard Lavilliers, une de Juliette Armanet l’année dernière, une d’HollySiz… J’espérais tellement que les lettres rouges soient à mon nom sur la devanture. Me dire que cette chose-là va se réaliser m’émeut. J’ai appris avec le temps que monter sur scène c’est jouer de la musique, du verbe jouer. Ce doit être quelque chose de léger. Avant j’appréhendais la musique avec beaucoup de gravité, aujourd’hui, j’ai compris que sur scène, on avait le droit aussi de s’amuser.

Clara Luciani ©Manuel Obadia Wills

Touvez-vous, dans ce tourbillon, le temps d’écrire de nouvelles chansons ?

Exactement. Là, je suis en plein travail. Je fais le tri dans les textes que j’ai déjà sur mon téléphone en démo. Ça va être un vrai challenge, mais j’ai hâte. Mais vous savez je suis loin d’être lassée de mes actuels titres. Les chansons Les fleurs, La dernière fois, Drôle d’époque, je les ai écrites trois mois avant de sortir l’album, donc elles sont neuves dans mon esprit.

HollySiz et Juliette Armanet sont des amies ?

Oui, nous nous côtoyons. Ce sont des femmes que j’admire et que j’aime beaucoup. Elles ont eu la délicatesse de m’inviter à leur Olympia pour me soutenir et m’encourager, j’ai trouvé ça hyper chic. C’est formidable qu’il y ait des chanteuses, des femmes, solidaires entre elles. C’est important.

Françoise Hardy est pour vous la grande figure féminine de la chanson française. Pourquoi ?

Je l’aime beaucoup et j’ai eu la joie de la rencontrer dernièrement. Elle est incroyable. Ce qui m’a le plus touché quand je l’ai découverte, c’est sa façon de chanter très droite, très pure, sans chichis. Sa voix est comme une flèche qui traverse très bien le temps. Elle n’a jamais essayé de chanter selon les modes. C’est une ligne directrice que je tente de suivre. Lui écrire une chanson serait un vrai honneur, mais écrire pour autrui c’est tailler un vêtement sur mesure, du cousu main. Saurais-je le faire aujourd’hui ?

Propos recueillis à l’occasion de la conférence de presse des Francofolies de La Rochelle le vendredi 13 juillet 2018.

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