L’Entrepôt, l’étonnant cabaret aux portes de La Rochelle

Du french cancan bien sûr vous en verrez mais L’Entrepôt, cabaret implanté dans une Zone Industrielle rochelaise, c’est surtout un lieu culturel pluridisciplinaire et décomplexé avec ses concerts jazz ou gospel, one-man show, soirées étudiantes et shows de pôle-dance. Aliénor s’y est rendue. « Reportage paillette ».

Ce samedi après-midi, la zone industrielle de Périgny est en mode pause : aucune voiture ne vient troubler les larges avenues accoutumées à un trafic dense la semaine. Non loin du site Léa Nature et du complexe sportif Le Five, rue Augustin Fresnel, un semblant de vie s’échappe tout de même d’un bâtiment. Quelques notes de Mercy de l’artiste anglaise Duffy, des bruits de tables que l’on dispose, des éclats de rires … l’équipe de L’entrepôt fait sa mise en place.

Lieu culturel pluridisciplinaire ouvert il y a bientôt un an, L’entrepôt accueillait le soir précédent une soirée BDE (ndlr : bureau des étudiants), aujourd’hui elle reconfigure sa salle en format cabaret. À l’intérieur, quelques danseuses, faux-cils et chignons bien tirés, s’échauffent et marquent les diverses chorégraphiques que constitue la revue Insolite.

À l’étage, Grégory Michel, directeur du lieu, discute des intermèdes entre les numéros de cabaret avec son MC. Il veut que ça matche, que le public soit emporté au quart de tour. Pas le temps pour le tiède, la tergiversation, le show se doit d’être catchy. Dans son bureau où sont affichés tous les artistes programmés dans les semaines à venir, défile incessamment un personnel aux mille questions.

« C’est un moulin ici, vous ne trouvez pas ? Ça vit en tous les cas » nous lance t-il amusé. Un lieu de vie c’est bien comme cela qu’il a conçu L’entrepôt, ex-cabaret Le Strass, rêve devenu enfin réalité. Un temps chef exécutif au sein du groupe Coutanceau, le trentenaire a toujours eu envie de diriger un établissement de nuit : «J’ai donné ma vie à la cuisine et j’en suis toujours passionné mais l’envie de gérer un tel établissement s’est très vite fait sentir. J’en avais repéré un dans la campagne niortaise mais le projet n’a pas abouti. J’ai alors rejoint l’équipe du Strass quand son directeur m’a alerté qu’il recherchait un chef-cuisto. »

Lorsque Le Strass a commencé à péricliter, Grégory avait le choix entre jouir de ses indemnités de licenciement ou reprendre la boutique : « Deux ans avant la fermeture du Strass qui proposait une revue dédiée aux seniors, je n’étais plus en cuisine mais plus que jamais piqué par le virus du divertissement et j’imaginais déjà comment ce théâtre pouvait renaître de ses cendres. »

Aujourd’hui, L’Entrepôt est un lieu qui propose un nombre impressionnant de divertissements. Avec une revue cabaret pour socle, il fait feu tout bois : one-man show, concert-apéro, élection de Miss, gala de fin d’année, soirée étudiante, théâtre-impro, soirée pole dance ou gospel il y en a pour tous les goûts, pour tous les âges : « Il y a l’idée de brasser large car je veux optimiser cet espace le plus possible. Gérer un espace culturel sans subvention, sur ses seuls fonds propres, oblige à être inventif. Je sais qu’une soirée cabaret coûte 150 euro et tout le monde ne peut pas se le permettre, il faut alors proposer d’autres concepts au prix d’entrée de 10 euro pour capter tous les publics. » explique le patron.

Et ça marche : les soirée théâtre d’impro du lundi sont full, les apéro-concerts également très courus. « Hier, nous avons eu de bons retours de la part des étudiants qui venait dans le cadre d’une soirée BDE. Ils ne connaissaient pas le lieu. On leur a expliqué notre programmation, parler des soirées cabaret. Ils reviendront je pense. »

Le cabaret, effectivement, n’est pas le divertissement favori des jeunes. Grégory, aidé de sa directrice artistique et chorégraphe Isabelle Meunier, a dû alors dépoussiérer la revue. Si l’incontournable cancan est au programme, les tableaux intègrent aujourd’hui des circassiens notamment des artistes de tissu aérien. Se démarquer, il le faut aussi au regard des autres cabarets que comptent la région notamment à Bordeaux, Saintes, Saint-Jean d’Angély, La Palmyre, Vix, région qui plus est touristique.

« Les touristes ? Ils ne sont pas mon cœur de cible in situ. Je sais que nous sommes le deuxième département le plus visité de France mais je sais surtout que les touristes, les familles qui viennent en bord de mer n’ont pas du tout envie de venir voir une revue, de surcroît, implantée dans une ZI. Par contre nous devons aller vers eux en amenant la revue sur les plages et dans les lieux de villégiature. Nous y travaillons. » Bien vu !

Cédric Chaory

http://lentrepot-larochelle.com/fr/

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