La Belle Gabut, saison 2.

Nicolas, programmateur, et Morgane, chargée de communication de La Belle du Gabut reviennent sur le premier mois de festivités de la guinguette rochelaise et vous en disent plus sur la suite d’une programmation éclectique et populaire qui animera le quartier du Gabut jusque fin septembre.

 

Pouvez-vous revenir sur la genèse du projet « Belle du Gabut » ?

Morgane: Le projet de « La Belle du Gabut » a été choisi parmi plusieurs projets pour animer de manière éphémère le secteur sauvegardé du Gabut, auparavant espace en friche, un paradis pour les taggueurs mais un lieu réputé mal fréquenté. La S.A.S Petite Lune, société experte dans le domaine de l’organisation d’événements culturels, a proposé de mettre en place une ginguette avec cet esprit vintage dans la déco en épousant l’architecture des bâtis et donnant à l’ensemble une attractivité qui ne s’est pas démentie l’année passée. .

Petite Lune est donc une entreprise qui engage ses fonds propres afin de programmer des artistes pour les diffuser gratuitement. C’est un axe volontaire de schéma financier pour que la Belle du Gabut reste une véritable plateforme culturelle éclectique et ouverte à tous. C’est ce qui fait qu’elle aussi peut salarier à l’année toute une équipe rochelaise, soit 10 personnes, tout comme rémunérer tous ses intervenants. Elle propose alors pendant 6 mois une programmation gratuite de 12h à minuit. Seuls nos ateliers artistiques ou sportifs sont payants.

On se souvient que l’année dernière, votre installation fut assez houleuse. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Les commerçants rochelais sont toujours récalcitrants face à notre implantation bien qu’elle soit éphémère. Mais La Rochelle à cette chance d’avoir une attractivité touristique telle que chaque commerce peut en profiter sans qu’on ne « leur vole la vedette ». Nous avons subi les foudres de certains médias locaux qui ne nous ont pas vu d’un bon œil, Heureusement le public s’est fait tout seul son idée. Incontestablement il a plébiscité la Belle Gabut. L’an passé c’est près de 7 000 personnes accueillies chaque semaine avec des pics à 1 500 visiteurs/jour.

Nous entendons de ci-de là que notre programmation serait au « raz des pâquerettes ». Là encore nos 65 concerts, 50 ateliers jeune public, 16 récitals et 13 projections de films programmés l’an passé ont remporté l’adhésion du public. Cet enthousiasme est pour nous le plus beau des succès et vient contrebalancer toutes les critiques.

Et ce premier mois alors ?

Il fut intense. On a reçu un Jam Grafitti organisé par l’association LORD qui a eu du succès. Plusieurs de nos évènements l’année dernière se reconduisent cette année. La programmation est plus vaste cette année, je pense notamment aux ateliers. Tous nos jeudis restent comme l’année dernière, consacrés à des initiations de danse : charleston, salsa, bachata, kizomba. Les ateliers sont assurés par des associations rochelaises principalement. En juin il y aura beaucoup de théâtre et des démonstrations et cours de claquette. Nous avons aussi consacré un gros focus au bien-être avec des cours de yoga, yogandFit et de massage.

Nous pensons à la culture, au bien-être mais La Belle Gabut n’en oublie pas pour autant des causes qui lui tiennent à cœur. Le 18 mai dernier nous avons accueilli La Caravane Culturelle Syrienne. Pour porter les aspirations de son peuple, des intellectuels et artistes syriens ont lancé en 2014 un mouvement intitulé la Caravane culturelle syrienne qui a entamé ses premières tournées à l’été 2014.  Elle organise expositions en plein air, projections vidéo, concerts, lectures de poèmes et de textes en arabe et en français, favorisant le débat.

Le 30 juin, c’est le Village Alternatiba avec le collectif Action Solidaire qui animera la Belle. Mais avant cela il y aura eu le grand retour du Gaboule pour le 24 juin (tournoi de pétanque gratuit et vide dressing en même temps), on fera des supers N’Importe Quizz (grands quizz sur tout et n’importe quoi, et faits maison), la fête de la musique, la ciné-soirée avec le Ciné-Club Jules+Jim du 11 juin …

Je note la présence de nouveaux graffs sur le lieu !

Encore fraichement peints du fameux Jam Grafitti du 18 mai dernier c’était l’événement LORD in the West en lien avec l’avant-première du film d’animation Mutafukaz avec les voix d’Orlsan et Redouanne Harjane! Le film est sorti le 23 mai dernier et il a été diffusé en avant–première en partenariat avec l’Olympia Méga-CGR. La Sirène, scène de musiques actuelles, a également accueilli ce week-end là Toxic Avenger qui a signé la bande-son. L’équipe du film est venue avec les décors du film, un stand de merchandising … Pendant 3 jours, il y avait des graffeurs et des DJS partout, ce sont eux qui ont relooké tous les murs du Gabut. L’ambiance était vraiment excellente.

Le festival international du film de La Rochelle et les Francofolies sont aussi à vos côtés.

Oui, d’ici la fin juin, La Belle Gabut va fourmiller de propositions grâce à ces deux belles collaborations. Concernant le festival du film nous allons avoir quelques diffusions en commun. Je ne peux malheureusement pas encore vous en dévoiler la programmation. Il y aura aussi le tournage du clip de Jane Widger Pendant les Francos, nous aurons une scène d’installée sur l’esplanade proche du manège. Une riche programmation de jeunes artistes s’y produira.

Il y a aussi, sur cette édition, l’envie de travailler plus avec les jeunes issus des quartiers.

Tout à fait. Cela fait partie de nos missions d’acteurs culturels locaux. La Belle du Gabut est un lieu ouvert à tous et doit aussi accueillir un autre public que le centre ville. Nous avons des projets en lien avec les villes de proximité. D’ailleurs Nicolas qui arrive saura vous en parler … Nicolas, pourrais-tu nous dire quelques mots sur nos interventions auprès des jeunes issus des quartiers ?

Nicolas : Nous avons une carte blanche prévue le 1er aout. L’idée est de mettre notre programmation et notre canevas hebdomadaire à disposition d’un centre social. Je travaille actuellement avec celui de Saint-Éloi, Villeneuve est également intéressé. Les jeunes s’approprieront ainsi la programmation dans la même temporalité que nous. Le mercredi nous sommes sur une journée jeune public, autour du jeu. Entre midi et 14h, nous sommes sur du bien-être, de l’atelier l’après midi et des spectacles en fin de journée. Les enfants vont devoir créer une journée-type à la Belle Gabut en faisant appel à leur envie mais aussi leur talent propre. Par exemple, une enfant de 8 ans veut animer un atelier de zumba, d’autres réfléchissent à l’organisation d’une chasse au trésor … Ils vont devoir aussi gérer la communication de cette journée via les réseaux sociaux, la création d’affiche qu’il faudra placarder. Il y a aussi la gestion de la logistique des artistes et intervenants qu’il faudra appréhender. C’est un travail en fil rouge avec des enfants de 6 à 15 ans, qui sera dévoilé aux parents et aux potes.

Propos recueillis par Cédric Chaory

https://www.facebook.com/belledugabut/

 

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