HYPHEN HYPHEN : We are definitely high with them !

Leur passage fou aux Francofolies 2015 puis à La Sirène en 2016 avait scotché le public rochelais. Actuellement en tournée et pas encore certain de jouer aux Francos cet été, le (désormais) trio HYPHEN HYPHEN nous parle de son excellent nouvel album : HH.

 

On se souvient de votre incroyable début en 2015 avec Times. Les artistes sont attendus au tournant au moment de la parution de leur second album. Vous assurez, vous, avoir géré tranquillement cette période ?

Santa : En fait il y avait tout de même une grande pression, nous sommes des grands traqueurs et je crois que cela ne changera jamais. Par contre ce qui est vrai c’est que nous nous sommes jamais sentis aussi libres que sur cet album. C’était comme relâcher la pression pour se sentir le plus libre et créatif possible. Je crois que cela s’apprend d’être libre, à lâcher-prise. C’est une lutte quotidienne de s’accepter soi, et dans notre vie professionnelle, cela est aussi une lutte de s’autoriser à créer tel que l’on a envie. Pour HH, le challenge était de faire de l’indu, du R’n’B, de la pop, de la house, de la techno. Challenge car il a fallu que nos collaborateurs l’entendent. De faire exclusivement ce qu’on aime et d’être totalement qui on est, voilà ce qu’est HH.

D’avoir géré la production de HH vous a aussi permis d’être plus libres ?

Santa : On avait travaillé sur la production du premier album mais cela s’entendait moins car Times était moins électro et moins produit. Là, on souhaitait allé jusqu’au bout de l’esthétique qu’on voulait amener.
Line : Cela allait aussi avec les compositions finalement …
Adam : oui souvent on amenait la production dès la composition. C’était en fait indissociable dans la prod. de HH.
Santa : C’est ce qui fait que le son n’est plus détachable. Cette forme d’identité ne peut plus se construire sans une idée du son global.

Du coup vous ne développez pas un côté un peu control freak ?

Santa : Je ne pense pas que ce soit control freak. Nous aimons faire les choses par nous-même. C’est notre façon à nous d’être sincères. Et puis nous ne sommes jamais mieux servis que par nous-même. Quand on a envie de quelque chose, on apprend à le faire ! Si nous avions trouvé un arrangeur de génie dès le début, nous l’aurions contacté mais cela nous amuse tellement d’apprendre et de faire. C’est comme pour le clip de Mama Sorry que nous avons co-réalisé. Nous étions là pour le montage. C’est une manière d’être impliqués, d’être à 100% dans ce que l’on propose.

©Manu Fauque

Cela n’effraie pas votre maison de disque ?

Santa : C’est peut être effrayant au début mais quand elle voit le résultat, elle est plutôt heureuse… C’est un échange de bons procédés.
Line : On ne lui laisse pas vraiment le choix aussi !

Comme vous le disiez sur HH chacun des titres embarque dans des univers musicaux très différents. Comment avez-vous réussi à ce qu’il soit homogène dans son intégralité ?

Adam : La voix de Santa joue pour beaucoup : elle est le fil rouge de l’album.
Santa : Et puis on se raconte. L’unité de HH c’est notre vie qu’on dévoile. Chaque titre en est un épisode. Je pense que c’est là où nous nous amusons. Nous racontons notre histoire sous différents filtres.

Sous ses atours ultra-dansant, HH propose des textes sombres. Vous dîtes qu’il est le reflet d’une génération un peu perdue, mais pleine d’espoir… Qu’est-ce qui pourrait redonner le sourire à cette jeunesse ?

Santa : Je pense de regarder le monde qui l’entoure sans écran. Cela ferait du bien à tout le monde d’être moins dans la représentation et de plus s’écouter soi-même.
Line : De venir nous voir en concert !!!! (rires)
Santa : Mais c’est vrai. En concert on essaye de créer un espace de liberté où tout le monde peut se sentir tel qu’il est, être heureux et s’oublier. C’est essentiellement aujourd’hui pour retrouver un peu de gaieté. Quand je parle des écrans, je parle aussi d’Instagram. On peut vraiment faire un parallèle entre deux courbes : celle de la montée de tes désillusions et celle du temps que tu as passé sur Insta. Nous utilisons bien sûr ce genre de réseau social donc je mesure mes propos mais nous devrions l’utiliser pour du fun et non pas pour être constamment dans cette plastique éphémère du cool.

Une artiste plus forcément jeune vous a inspiré : Madonna. Comment expliquez-vous qu’elle soit encore un phare pour la nouvelle génération ?

Santa : J’adore ! C’est notre mère à tous. C’est une icône qui a su libérer la parole et les genres à un moment où beaucoup de communautés avaient besoin d’un tel porte-voix. Nous nous en sommes beaucoup inspirés forcément … Au fil des décennies, elle a su s’entourer des artistes les plus avant-gardistes, les plus prescripteurs : pour le son, pour l’image, pour la danse, pour les concepts. Et cela nous touche profondément un tel flair, une telle créativité.

Votre dernier clip Mama Sorry dénonce l’homophobie. Est-ce une réponse à la recrudescence des violences homophobes en France.

Santa : Pas du tout cela a été pensé bien en amont de cette recrudescence, il y a plus de 6 mois je dirais. Un peu comme Like Boys. Son clip est sorti au moment du pic #Metoo, de la loi contre le harcèlement, etc. Je pense que c’est comme dans tous les mouvements d’art, tout le monde a la même inspiration au même moment mais le formule avec son propre ressenti. Pour le clip Mama Sorry, c’était une manière d’élargir le propos très personnel de la chanson. Le titre parle des rapports qui peuvent être conflictuels entre les parents et les enfants. Malgré ces discordes, on peut tout de même trouver de la bienveillance et du beau. Nous sommes très heureux de l’accueil du clip. Des jeunes nous disent combien voir ces images les aident dans leur acceptation de soi. Le retour de certains parents aussi nous touche énormément.

Parlons un peu de cette incroyable chanson, ce tube en puissance qu’est Be High With Me ?

Hyphen Hyphen : YEEAAAHHH !!!!
Santa : Nous avons une idée de clip pour cette chanson : faire le tour de toutes les Gay Pride dans le monde. Elle est parfaite pour ces festivités mais cela nous demanderait un an pour tourner les images ! L’histoire de cette chanson est d’arriver à jongler avec les paradoxes, à savoir danser sur une chanson teintée de tristesse voire de doute sur la vie. Je crois en fait que tu te retrouves un peu dans cet était en fin de soirée. Quand tu es sur le dancefloor, que soudainement la boîte va fermer et que tu es ramené à ta condition humaine. Be High With Me c’est de pouvoir danser sur la mort et sur l’oubli.

Cette chanson donne d’ailleurs une idée de l’ambiance folle qui doit se dégager de vos concerts. Comment avez-vous pensé la tournée ?

Santa : Be High With Me est effectivement notre moment préféré dans la tournée. Nous l’interprétons dans un déluge de lumières rainbow. Le public est en transe. C’est un moment magique. Après tous les titres ont été repensés pour cette tournée. Chaque chanson a une portée singulière sur scène. On pousse les titres à fond pour les rendre plus fédérateurs. Pour le Zénith nous préparons quelque chose d’encore plus fou. Ce sera notre premier Zénith et on a clairement envie de tout exploser. Après ça il y aura les festivals d’été. Nous ne savons pas si nous serons aux Francos, mais on peut vous affirmer qu’on adore La Rochelle !

Cédric Chaory.
Visuel de Une: Manu Fauque

HH (Parlophone – Warner)

http://www.hyphenhyphen-music.com

 

 

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