David « Maddog » Camescasse, la BD made in Saintes.

Le Saintais David « Maddog » Camescasse n’est pas du genre à buller. L’illustrateur et auteur de bande-dessinée s’apprête, entre autres projets, à sortir le numéro 2 de sa BDzine Crosslines. Rencontre avec celui qui a ressuscité la super-héroïne Lady Katana et qui sera présent à la convention geek SQUAW !

 

 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours dans la bande dessinée ?

Mon amour pour la bande dessinée et du dessin remonte à mon enfance que j’ai passée à Saintes, où je vis toujours. J’y ai lu tous les classiques : les Astérix, les Tintin. À l’époque du lycée, je me suis orienté dans cette voie pour intégrer l’école des Art appliqués de Poitiers, aujourd’hui École de design de Nouvelle-Aquitaine. Mon diplôme en poche, j’ai travaillé dans la pub, mais très rapidement je me suis réorienté vers mes premières amours: le dessin et la BD.

Vous n’étiez pas fait pour l’univers de la publicité ?

C’est en exerçant vraiment le métier pour lequel je me suis formé que j’ai réalisé que vendre des marques n’était pas mon truc. Mon imagination est bien plus libre loin des cadres imposés dans l’univers de la pub. Ils m’arrivent encore de faire de temps en temps des logos mais je suis aujourd’hui totalement investi dans la bande dessinée. Mon travail d’illustrateur m’aide à vivre. Je travaille notamment avec l’association Lire, c’est partir qui propose des livres et des CD pour la jeunesse à 0,80€. Au final, le seul héritage de ma vie dans la pub est mon pseudonyme : Maddog. Mon patron avait pour habitude de me présenter comme le jeune chien fou de l’agence. J’y étais le plus jeune à l’époque.

Vous avez récemment publié Lady Katana, le retour, un personnage qui nous revient des années 80. Quelle est la genèse de ce projet ?

Tony D’Agos a crée ce personnage de justicière experte en arts martiaux en 1984. À la tête d’ACB Comics, il m’a dit un jour : « Prends le personnage et fais-en ce que tu en veux ». J’ai repris l’histoire là où elle s’était arrêtée il y a 34 ans : Katana avait alors perdu ses enfants, assassinés par son ennemi de toujours Shogun et, ravagée par le désespoir, avait quitté son mari Dan.

Comment se lance t-on dans une telle « reprise de personnage » ?

Je commence toujours par le scénario, je m’en fais tout un film avec son découpage singulier, son organisation interne. Forcément dans le cadre de Lady Katana, il faut des cases punchy : nous sommes dans une BD de super-héros. Le choc graphique est donc de rigueur. À force de lectures de BD, l’écriture tant du scénario que des planches est comme un automatisme. Des évidences s’imposent aussi : sur la première planche, je savais dès le début comment j’allais traiter l’explosion du véhicule. Une explosion en cours, un véhicule ombré devant… cela crée forcément du dynamisme sur la planche.

Une fois Lady Katana publié, comment procède t-on à sa commercialisation ?

Déjà on transpire beaucoup (rires) … on fait surtout sa propre publicité sur les réseaux sociaux, on se rend sur tous les évènements où Lady Katana pourrait trouver son public. Je pense notamment à Angoulême. Et puis il y a Amazon qui permet la vente en ligne du livre auxquels s’ajoutent mon propre site et celui d’ACB Comics. Concernant Amazon, je précise qu’un réseau de librairies indépendantes distribue également la BD.

Autre publication : le premier numéro de votre BDzine Crosslines conçue avec votre ami Fredd …

Oui le principe de ce BDzine est de proposer 4 histoires aux univers différents. Aux lecteurs de choisir laquelle aura droit à une suite dans le prochain numéro. C’est un principe bien connu dans les journaux de mangas au Japon. Nous ouvrons aussi les pages de Crosslines à de jeunes dessinateurs qui aimeraient voir leur travail publié. En 6 planches. Il nous apparaît important, à Fredd et moi, de tendre la main aux jeunes pousses. Quand j’étais adolescent, je lisais la revue Gotham, le mensuel trop mortel que publiait Vent d’Ouest et j’appréciais leur rubrique Carte Blanche. Hier comme aujourd’hui, je trouve nécessaire d’aider la jeunesse. C’est un petit coup de pouce qu’on lui offre avec Crosslines dont nous espérons publier le deuxième numéro à l’occasion de la convention de geek SQUAW, à Saintes les 20 et 21 octobre.

Au-dessus de votre bureau trône le portrait de Moebius dessiné par Bilal. Ce sont vos maîtres ?

Forcément et j’ajouterais entre autres. J’aime aussi beaucoup l’œuvre des Japonais Katsuhiro Ōtomo et Yukito Kishiro, celle de Franck Miller ou encore Simon Bisley.

Propos recueillis par Cédric Chaory.

Pour commander crosslines: https://twprod.fr/

Site de la convention SQUAW: https://squaw.twprod.fr/

https://www.amazon.fr/Lady-KATANA-RETOUR-David-CAMESCASSE/dp/0244305617

 

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