Corine, disco-girl next door

Sensation pop bien actuelle au style tout droit sorti des années 1980, Corine cartonne cet été avec « Il fait chaud » qui nous rappelle les belles heures de Niagara et des Rita Mitsouko. La jolie blonde s’apprête à sortir en octobre son premier album. Interview.

 

Dans la pure lignée des productions années 80 vous avez sorti Fille de ta région en mode Volume 1 puis Volume 2. À quand l’album ?

Très prochainement car je suis actuellement en studio et j’espère que l’album paraisse en octobre. Fille de ta région volume 2, sorti en avril dernier, propose deux nouveaux titres par rapport au premier EP : Il fait chaud, mon actuel single et Épopée solaire. L’album en préparation sera dans la même veine que mes deux premiers EP tant du côté du son – de la disco-pop – que des références très ancrées dans les années 80. L’équipe reste la même : j’écris toujours les textes et la production est coréalisée entre Marc Collin, le créateur de Nouvelle Vague et Dorion Fiszel. Je travaille cependant à mettre moins en avant le chanté-parlé qui caractérise mes premiers titres.

Vous citiez Épopée solaire, ce titre co-écrit avec Juliette Armanet. Comment s’est déroulée cette collaboration ?

C’est une très jolie rencontre qui a débuté sur les réseaux sociaux. Juliette a découvert mes chansons sur le Net et m’a adressé via Facebook des messages en me demandant « mais qui es tu avec ta belle crinière blonde ? », me disant que la fraîcheur de mon univers lui faisait du bien. Durant 6 mois nous avons eu une correspondance et puis un jour je lui ai proposé que nous composions ensemble un titre. En lui soumettant un instrumental assez rapidement, Épopée solaire s’est construit tout naturellement. Il est une sorte d’OVNI dans le Volume 2 et n’a pas vocation à sortir en single. Je suis très fière qu’il existe, d’autant plus que j’admire vraiment le travail de Juliette.

Vous assumez votre goût pour la production musicale des années 80, la légèreté de la pop des années Top 50. D’où vous vient cette influence ?

Je ne suis pas sûre de ne m’inspirer que de la pop dont vous parlez. Les titres Pourquoi Pourquoi et Il fait chaud sont un peu les arbres qui cachent la forêt car la soul, la funk et l’électro sont très présentes dans mes productions. Il y a même un esprit punk qui y est insufflé. Je suis admirative de l’artiste belge Vive la fête. C’est une belle danseuse qui a cette capacité à chanter des textes naïfs, avec beaucoup d’humour, tout en proposant un corps très sexué. Son univers m’est très inspirant. Je n’ai nullement l’intention de proposer un revival des 80’s et ne suis pas dans une réédition absolue mais il est vrai que mon style musical me rapproche de cette période. Tout comme on ne peut s’empêcher de rapprocher Juliette Armanet de Véronique Sanson ou Claria Luciani de Barbara, moi on m’accole à la disco-pop de Lio.

Qui représenterait pour vous le mieux ces eighties ?

J’aime beaucoup Niagara et Rita Mitsouko. Catherine Ringer et Fred Chichin ont réussi ce pari d’allier rock, punk, chanson française avec une telle liberté pour l’époque. Ils avaient un sens aigu de la notion de spectacle : les costumes, les clips… tout dans leur univers était puissant. Et puis Catherine Ringer est une interprète exceptionnelle.

Autre source d’inspiration pour vous, et à des années-lumière des paillettes de la pop : le cinéma de la nouvelle vague.

Totalement. Depuis enfant, je suis fascinée par les actrices de la nouvelle vague qui avaient cette façon très maniérée de parler. Une phrase anodine comme « Donne-moi le sel s’il te plaît, Pierrot ! » dans leur bouche prend tellement de relief et de sens quelle soit adressée à l’être aimé ou détesté. Ces références cinématographiques m’ont inspirées le chanté-parlé de mes deux premiers EP.

L’été, le soleil, la mer, les sorties nocturnes … vos textes sont dans l’ensemble hédoniste.

Dans l’ensemble oui mais il y a une part de mélancolie qui ne faut pas négliger. Mes titres Marche nocturne, Pluie Fine ou encore Cocktail ne sont pas forcément joyeux, vous savez. C’est la magie du disco en fait qui vous fait danser sur des textes généralement tristes. Pensez à Donna Summer, Diana Ross ou Umberto Tozzi. Aujourd’hui L’Impératrice ou Paradis appliquent le même procédé avec un vrai talent. Le disco s’adressait à l’origine à des communautés opprimées – les gays, les Noirs – et sous ses aspects sexy et rythmés laissait transparaitre un vrai malaise. Me concernant, j’ajoute toujours une vraie dose d’humour dans ce style musical.

La machine s’emballe vous concernant : les médias parlent de vous comme la révélation disco-pop de l’année !

Oui j’ai l’impression que depuis Pourquoi, Pourquoi public et médias ont compris les multiples lectures de ma musique et en sont charmés. Cette belle réceptivité fait que je suis dans une période assez fluide et très porteuse. Très réconfortante en tous les cas. Il y a encore beaucoup à faire comme enregistrer désormais ce premier album, sans dénaturer mon travail, en gardant un cap. C’est un début. Un tout petit début réellement excitant.

Dans vos concerts, vous vous produisez en compagnie de cinq musiciens dans un esprit big band inspiré du jazz.

Exactement, à l’ancienne comme The Roots, Prince ou Michael Jackson. Je ne suis pas que la chanteuse à la crinière blonde qui chante dans les clips, j’aime performer avec des claviers vintage, entourée de tous mes musiciens. Je conçois la scène comme une aventure globale où musique, chant, costume et lumière font partie intégrante d’un univers qui doit se tenir du début à la fin.

Il fait chaud donc. Alors cet été ce sera plutôt St Malo ou Ajaccio ?

Ce sera plutôt studio mais si je devais m’accorder un break ce sera Saint-Malo. J’aime particulièrement la Bretagne.

Propos recueillis par Cédric Chaory

https://www.facebook.com/corinefilledetaregion

Fille de ta région volume 1 et volume 2 – Corine (Universal)

©Zoe Kovacs

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