Cie Par-Allèles : homme/femme mode d’emploi

Hosni et Jamal M’ Hanna, frères et chorégraphes de la compagnie Par-Allèles présentaient hier une sortie de résidence au CCN de La Rochelle. Leur création – work in progress – aborde un sujet d’actualité : les rapports homme / femme. Bref entretien avec la jeune compagnie.

 

Premier pas dans la danse

Hosni : J’ai débuté la danse en 1999, à l’âge de 13 ans. Mon grand frère s’était inscrit pour un stage hip hop avec Kader Attou et je voulais faire comme lui. À la base, je suis un footeux donc j’ai découvert un univers très différent. Ce qui m’a tout de suite plu c’est que la danse ne se définit pas que par la seule technique, elle ouvre bien d’autres horizons.

Jamal : En 1997, je découvre la danse hip hop via la MJC de mon village natal du Var. En 1999, je fais donc ce stage avec Kader que je retrouve en 2002 pour un projet franco-algérien : De l’autre côté de la mer qui était une préfiguration de ce qui sera Douar*, pièce de 2003. À l’époque moi c’était la boxe qui me passionnait et mon père me disait alors : « Tu vas arrêter la boxe pour faire la danseuse ! ». Nous avons créé notre compagnie Par-Allèles en 2006 avec le duo Face à Face. Nous sommes aujourd’hui à notre 5ème création.

Nouvelle création : Homme, Femme, sur quel pied danser ?

Jamal : L’idée de travailler cette thématique date de l’année dernière et donc un peu avant les actuels scandales liés à #METOO. La commune de Roquebrune-sur-Argens, là où nous vivons, nous a passé une commande sur ce thème. Cela nous a donné envie d’approfondir le sujet sur une création plus longue. Les inégalités homme/femme sont encore trop prégnantes dans nos sociétés. Dans la pièce nous abordons tout ce spectre de différences : harcèlement, stéréotype. Le traitement du thème nous apparaît sans fin. Nous avons déjà chorégraphié plusieurs tableaux qui doivent être épurés, liés entre eux. Prochainement, nous allons intégrer des témoignages. La pièce sera prête pour le OFF d’Avignon 2019.

À propos de l’équipe

Hosni : Nous avons fait appel à Manon, danseuse contemporaine ; Julia, de formation classique et Abes Aserb, slammeur-poète. Nous souhaitions mélanger tous les langages de la danse. Il y a plusieurs façons de penser ce que sont ou ce que pourraient être les rapports homme/femme, il nous apparaissait important que cette pluralité se retrouve aussi dans le mouvement.

Manon : Travailler avec les frères est très intéressant. Il y a un vrai échange au sein de la compagnie. La ligne directrice est portée par eux mais nous pouvons proposer des idées. Au fur et à mesure que nous avançons dans la création, nous nous comprenons de mieux en mieux. Un simple regard aujourd’hui peut suffire pour que nous nous comprenions.

La fratrie

Jamal : C’est assez rare dans la danse que des frères chorégraphient ensemble (NDLR : les plus connus sont les frères Ben Aïm). J’ai 7 ans de plus qu’Hosni. Je pense être la force du groupe. Je suis un Lion. En tous les cas un chef d’orchestre dans la compagnie. Mon petit frère a un caractère totalement différent. Il possède un regard très aiguisé, une fine analyse chorégraphique quand moi je serai plus dans la mise en scène. C’est un vrai travail collectif entre nous deux et comme le disait précédemment Manon avec le reste de la compagnie. Chacun apporte sa pierre à l’édifice.

*Douar: les jeudi 19 avril et vendredi 20 avril à l’Hectare de Vendôme.

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